Critique de Corax : Seigneur des Ombres par Magos L4 74L3
Publié le Mardi 24 mars 2026 | 5 révisions avant publication | 1 correction après publicationCorax reconnaissait que sa perception des choses était influencée par l’austérité de la vie en prison. Objectivement, Guilliman ne pouvait être accusé que de vanité lorsqu’il clamait à quel point il était modeste. Et il faisait beaucoup d’efforts dans ce sens. C’en était même quelquefois comique, ironisait intérieurement Corax. Il voulait tant prouver à quel point il était simple. Guilliman dissimulait, sous un extérieur rationnel, un ego surdimensionné et un caractère calamiteux, même si, de ce point de vue, Corax n’avait pas de jugement à porter : il était semblable.
C’était ainsi. La vie de Corax était toute en discrétion, mais il ne cachait pas ce qu’il était. À l’inverse de son frère.
Toutefois, lorsque Guilliman arriva, Corax eut honte de le juger si durement. En effet, tout dans son comportement n’était que digne sollicitude.— Je suis désolé de t’avoir fait attendre, mon frère. J’ai eu à m’occuper de plus de problèmes que ce à quoi je m’attendais.
Il sourit, l’air contrit.— Il y en a toujours plus.
— Tu n’as pas été bien long, mais je suis bien content que tu sois là, répondit Corax. Je me fais l’effet d’un imposteur dans un endroit comme celui-ci. Il n’y a rien d’aussi beau, là où j’ai été élevé.
— C’est compréhensible.
Guilliman s’affaira autour d’une table, remettant à l’équilibre une pile de livres qui menaçait de s’effondrer.
— Tu dois penser que notre culture est vulgaire.— Pas du tout, enchaîna Corax.
Guilliman sourit poliment à ce mensonge.
— Comparé à certains autres, c’est modéré, poursuivit Corax.
— Les goûts de Fulgrim doivent t’être insupportables.
— Monter à bord du Pride of the Emperor revenait à recevoir une rafale de coups de poing parfumés en plein visage. J’en fus soulagé quand j’en suis sorti.
— Je ne lui dirais pas, à ta place, il est très fier de son vaisseau, répondit Guilliman en riant.
— Je n’en avais pas la moindre intention, répondit Corax.
J’attendais tellement de le lire celui là ! Et franchement je suis partagé. Autant le dire tout de suite il n’est pas mal écrit mais il manque un petit quelque chose pour en faire un très bon roman.
Le récit s’ouvre sur un affrontement entre Guilliman et Corax en simulateur. Très vite le combat se termine et nous allons avoir quelques pages d’échange entre les deux primarques.
J’ai beaucoup apprécié ce passage. Il suinte la bienveillance et l’affection, tout en oubliant pas que les deux personnages sont différent et Corax retient quelques petites pique envers son frère. Mais tellement est dit en si peu de lignes… Je ne peux être qu’admiratif devant le travail de Guy Haley pour ce simple passage.
Je ne détaillerais pas plus que ça mais franchement j’adore ces moments là, il n’y a pas tant que ça dans les romans de l’Hérésie et la série Primarch. C’est dommage tant ils sont savoureux lorsqu’ils sont bien écrit. On va d’ailleurs apprendre dans cet échange que Corax se compare souvent à Curze, cela l’effraie beaucoup. Guilliman le rassure en lui disant que même si le Night Haunter et le Seigneur des ombres partagent un goût prononcé pour la justice et la vengeance ils ne l’exercent pas du tout de la même manière. Je n’expliquerais pas pourquoi pour ne pas spoiler mais cette phrase prendra tout sont sens au fil du roman.
Une fois cette scène terminée nous alors suivre Corax et sa légion qui doivent aller débloquer la situation dans un système qui est réticent pour s’allier à l’Imperium. À la base les Night Lords devaient se charger de cette mission mais Corax à insisté pour s’en occuper afin d’éviter au peuple de ce système d’avoir à subir les atrocités des fils de Curze.
La flotte impériale qui était déjà sur place fait bon accueil à Corax, le général qui tenait la tête des opérations stresse un peu parce qu’il pense qu’il va se faire prendre de haut par le fils de l’Empereur. À sa grande surprise Corax le traite avec respect, j’ai trouvé que c’était un bon point et que cela montre la différence avec Corax et d’autres primarque. Il lui présente la situation et ils vont mettre en place un stratégie pour rallier ce système à l’imperium.
Peu de temps après il y a un repas entre les troupe humaines et la Raven Guard. Ce fut l’occasion pour moi d’apprendre quelques petites choses comme par exemple le fait que les Raven Guard venant de Terra sont à part des légionnaires venant de Délivrance. Apparemment les Terrans étaient trop violent et selon Corax n’arrivait pas à se faire à la mentalité de la Raven Guard. Ils ont été envoyé sur d’autre théâtres d’opération agissant comme une légion à part. J’avoue que je ne m’y attendais pas, c’est toujours bien d’avoir ce genre de petites informations.
Attention les quelques paragraphes qui suivent abordent des sujets qu’il peut être agréable de découvrir par soi même. Je les jugeais interessant à abborder mais si vous préférez garder la suprise je vous invite à les sauter.
Tant que je suis sur les choses que le roman m’a apprises : les fils de Corax peuvent être sujet à « la marque de la zibeline » qui est grossièrement un mélange entre dépression et pulsions suicidaire/meurtrière. Ceux étant affectés sont envoyé dans un équivalent des compagnies de la mort des Blood Angels appelé « Moritat ». Ce sont des escadrons suicide, on n’attend pas d’eux qu’ils survivent. Mais à la différence des fils de Sanguinius, les Raven Guard affectés par la marque de la zibeline on une chance de pouvoir se défaire de cette malédiction, même si elle n’est pas grande.
Tout ça pour dire qu’il y a encore une légion qui a des défauts génétique lié à son primarque (c’est sûrement son coté Corvus Allan Poe). D’ailleurs à propos de Poe on remarquera que disséminé dans les titres des chapitre il y a quelques clin d’œils à la bibliographie du monsieur. Les quelques passages sur les « Moritats » m’ont donné envie d’en apprendre davantage sur eux, c’était très bien fait. Tout en détails sur leur façon d’appréhender leur mission et leur philosophie.
Point intéressant aussi, durant la libération du système, un tyran acculé n’hésite pas à faire usage d’un « Anima phage », c’est un virus transformant les humains en zombies ultra violent. C’est la première fois que je croisais ce genre de chose dans Warhammer, je pensais que c’était possible mais le voir en action était étonnamment efficace contre les Space Marines.
Je vais arrêter la pour toutes les petites choses sympathique de ce roman car j’ai peur d’en avoir déjà trop dit.
Fin des «spoils»
Parallèlement à la conquête de Corax nous allons suivre une assassin qui œuvre sur Kiavahr (une lune de délivrance sur laquelle les techno guilde asservissant les habitants ainsi que ceux de Délivrance pour que leurs industries prospèrent) pour une organisation appelé « les enfants de Délivrance».
Ces derniers estimant que Corax n’a pas fini le travail en laissant en vie et en place les descendants des Techno guilders (je reprend le terme exact du roman), ils décident de les tuer pour libérer Kiavahr de leur emprise. Cette partie est chouette, autant pour la réflexion qu’elle propose en ce qui concerne l’état du peuple après la révolution de Corax que pour la partie enquête qui va en découler. Toujours chouette de voir comment est la situation après que le priqmarque ai quitté sa planète. On peut aussi y voir un effet «mirroir» avec le fait que quand Curze à quitté Nostramo les choses ont vite changés. Bien évidement ici ce n’est pas du tout à la même échelle (à l’image de la difference entre Corax et Curze). Je trouvais ça amusant à relever.
Maintenant que j’ai parlé de tout les détails sympathiques il est temps de parler du roman en lui même. Je l’ai trouvé bien rythmé malgré quelques longueurs notamment au niveau de certains combats. Il se passe toujours quelque chose, il y a des retournements de situations et les rapports entre légionnaires sont plutôt bien écrits.
Par contre les quelques bémols se situe au niveau de Corax, sans être absent je l’ai trouvé parfois en retrait et c’est un peu dommage. Pareil j’aurais aimé qu’il y ai des flashback de sa jeunesse, d’accord on en a eu dans « Delivrance Perdue » mais ce n’était pas assez pour moi.
Le roman va nous montrer un Corax qui veut suivre ses idéaux quoiqu’il en coûte, ce qui m’a fait un peu bizarre après l’avoir vu prompt à la réflexion et la remise en question. Mais oui ces moments là se situent pendant l’hérésie. Peut être ce roman viens appuyer sur le pourquoi ce changement d’attitude, ce qui en soit est une bonne idée. J’ai trouvé qu’il avait une attitude différente que dans le roman «Corax» et pour moi tout l’interêt du roman se trouve là. Cette campagne à l’air d’être charnière dans la vie du primarque, un moment qui l’a marqué.
D’ailleurs je m’étais demandé durant ma lecture de « Délivrance perdue » si le fait que Corax soit si pressé et impulsif vis à vis du renforcement de sa légion était du au traumatisme d’Istvaan ou bien si cela faisait partie de lui à part entière. Maintenant je sais.
Je prend juste une ligne de plus pour dire que la fin est vraiment pas mal et apporte une réflexion sur Corax, ce qu’il fait et comment il voit le projet de l’Empereur.
En démarrant cette critique je partais pour lui mettre une note moyenne mais au fur et à mesure de l’écriture j’ai fais des liens que je n’avais pas perçu durant ma lecture. Pour autant je ne vais pas lui mettre une note excellente mais je vais quand même la monter car il y a de bonnes choses dans ce roman et il n’est pas mauvais ni décevant.
Les plus
- Les détails sur Corax et sa légion.
- Les passages sur Kiavahr.
- La fin.
- Le dialogue d’intro avec Guilliman.
Les moins
- Quelques scènes d’action qui aurait mérité d'être plus courte.
- Pas de flashback sur Délivrance.
- Très peu de combat avec Corax.
Un roman qui apporte son lot de surprise, d’ajout à la profondeur du primarque et de sa légion. Il n’est pas parfait mais mérite amplement la lecture si vous vous intéressez à la Raven Guard. Guy Haley est toujours une valeur sure, ici il montre comment certains évènement peuvent changer même les demi Dieux.

