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Critique de La Croisade des Damnés par Magos L4 74L3

Publié le Lundi 13 juillet 2026 | 7 révisions avant publication | 1 correction après publication

Une double page qui met dans l’ambiance, le haut du panier en terme de dessin
 
 

Je voulais faire un petit préambule avant de commencer d’une part pour dire que c’est la première fois que je vrais critiquer deux tomes d’une BD, je vais donc faire de mon mieux pour ne pas spoiler (d’autant plus que la narration est particulière pour celle ci).
Et d’autre part parce que cette critique vient faire suite à un mini débat avec notre cher Réclusiarque en chef Maestitia, qui me disait suite à ma critique de « Defenders of ultramar » que les dessins de la croisade des damnés était aussi peu qualitatif que ceux du comics sur les fils de Roboute. Dans mon souvenir ce n’était pas le cas alors j’ai promis de faire une critique pour voir si ma mémoire m’avait défaut ou non.

Verdict ?
Je vais vous faire mariner un peu avant !
 

Tout d’abord en ce qui concerne le scénario nous allons suivre trois Black Templars différents :
Le néophyte Raclaw, que l’on va voir alors qu’il n’est pas encore augmenté. Il va subir plusieurs épreuves et nous allons le suivre dans ses premières batailles. C’est chouette de le voir un peu évoluer au sein du chapitre et de le voir progresser. J’ai trouvé en revanche que c’était dans ces passages là où les dessins pêchaient le plus, les humains non augmenté aux allures de sauvages ne sont pas réussis du tout.

La planche qui montre sa première rencontre avec un space marine est sympa:

Nous allon aussi voie Gehart, frére d’épée confirmé à la tête de petites escouades et qui aime en découdre. D’ailleurs certains space marine lui font remarquer qu’il à l’air d’avoir un goût un peut trop prononcé pour la gloire et que ça pourrait cacher de l’orgueil et non de la dévotion.

Il aura d’ailleurs un moment avec le chapelain pour voir ce qu’il en est et si il est digne de combattre au sein du chapitre. C’est un passage intéressant. Ses moments de batailles ne sont pas en reste.
Petit détails rigolo, je sort de la lecture de « Titanicus » du même auteur et dans ce roman il y avait aussi un personnage nommé Gehart ainsi qu’un second nommé Gearhart. Notre cher Abnett semble faire une fixette sur ce prénom…

Et enfin il y a Tankrouge, un Dreadnought. J’ai beaucoup aimé le voir parce que l’on va assister brièvement à ses protocoles de réveil et de mise en sommeil. Ce qui est une chose très rare (à ma connaissance) dans les comics et bd 40k. On va aussi voir comment il perçoit quand il est en semi sommeil. La bd nous montrera aussi brièvement tout le poids psychologique qu’il y a à être dans un dreadnought. Le fait de perdre le peu de frère que l’on connaissait entre les réveil qui peuvent être espacés de deux siècles ou bien encore la douleur insoutenable que seul le feu de la bataille vient apaiser. C’est rare de voir un vénérable dans son châssis et pour moi ça fait parti des points positifs de cette bd. D’autant plus que les scènes de baston dans lesquelles il intervient sont souvent sympathique. J’avoue que le voir poutrer du T’au était savoureux ! Et puis on va voir avoir quelques planches avec un Techmarine ce qui est toujours une petit plus pour moi. Oui j’assume totalement mon manque d’objectivité martienne.

Par contre petit détail :

En version originale ce personnage s’appelle Tankred. En français cela pourrait être traduit par Tancrède, prénom d’un croisé ayant réellement existé ainsi que dans des œuvres de fiction. Apparemment la racine du prénom évoque le terme de pensée ou de conseil (merci internet), ce qui est totalement raccord avec le personnage dans la bd puisque à un moment on le réveille justement pour ses connaissances stratégique et ses conseils.
Alors pourquoi je prend le temps d’écrire tout ça ?
Et bien parce que visiblement la traduction à été confié à un stagiaire, dans la bd ce personnage s’appelle Tankrouge………. Tranquille la traduction littérale ?
Ça ne m’a pas sorti de ma lecture mais j’avoue que ça m’as dérangé et qu’a un certain niveau j’ai trouvé ça un peu ridicule, ça dessert complètement le personnage.

« Tankrouge est reveillé ! »

 — Oui papy c’est bien…

Il aurait mieux valu le traduire en Tancrède ou Tancred,bref…

Avec ses courbes généreuses et ses armes lourdes le modèle Castaferrum vous offrira des sensations d’extermination incomparable

Pour en revenir à la construction narrative, étant donné que l’on va suivre trois personnages différents dans des temporalités différentes, il y aura des fois où l’on va pas comprendre tout de suite quand cela se situe, malgré le fait que l’on raccroche vite les wagons ça fait parfois un peu brouillon et ça casse le récit.

Cela peu donner un sentiment d’inachevé par moment parce qu’il y a des situations que l’on aurait aimé voir plus développées et qui ne le seront pas. Je pense notamment à la fin du premier tome dont la suite des événements sera abordé au détour d’un dialogue dans le tome 2. Ou bien encore un combat très impactant pour l’histoire que l’on ne verra tout simplement pas. Comme on ne reste jamais plus de six ou sept pages avec un personnage c’est parfois frustrant. Comme d’habitude je m’efforce d’en dire le moins possible pour ne pas spoiler. Sachez juste qu’il y aura un ou deux petits plot twist. Peut être que vous le verrez venir, à ma première lecture ça n’avait pas été le cas pour moi, car j’aime me laisser surprendre et ne pas trop chercher à deviner la suite, je laisse souvent porter par le récit.

La bd va nous faire passer par tout un tas de batailles qui vont s’enchaîner sans trop de logique, parfois on ne sait pas forcément pourquoi mais au final c’est souvent pour nous montrer une évolution ou bien des pensées propres aux Black Templars.
D’ailleurs les dialogues et les monologues intérieurs vont nous montrer la philosophie et la manière de penser des Black Templars (si tenté qu’il y en est une, me diront les plus cyniques d’entre vous). Et c’est sympa à voir si l’on est pas familier avec eux, un peu générique par moment certes, mais ça à le mérite de bien présenter ce chapitre particulier qui est un des rares à revendiquer pleinement sa foi envers l’Empereur dieu.

On va souvent avoir des dialogues qui sentent la dévotion et l’encens sacré. Cela sera surtout fait avec Raclaw et Gehart, leur reflexions en plein combats nous montrerons leur résignation et leur détermination à accomplir leur but et à ne jamais laisser leur foi faillir.


Sur la droite on peut voir comment est représenté l’état de semi réveil du Dreadnought, par contre l’épée tronçoneuse est trop fine, c’est une défaut récurent.
 

Un point « drôle » de ces enchaînement de batailles est que l’on à l’impression que les auteurs on voulu nous mettre tout le bestiaires des ennemis de l’Imperium. On va avoir de l’Eldar, du Tyranide, du T’au, des Orks, quelques Space Marines du chaos.

Et du nécron, qui donne d’ailleurs lieu à un légère erreur de lore puisque l’on va avoir une page pleine de cadavres nécrons, ce qui est extrêmement rare voire impossible étant donné que leur cadavre se téléportent pour se régénérer et qu’il n’y a que dans le cas où ils sont sévèrement endommagés (ou que leur conection avec les vaisseaux est coupé) qu’ils ne le font pas. Ou alors c’est pour montrer la sauvagerie des Black Templars, à vous de juger. Personnellement ça ne me dérange pas d’avoir vu tout ce monde se faire massacrer, j’aime bien la diversité des adversaires.

Passons maintenant au plat de résistance, les dessins:

Vous devez le voir depuis le début de la critique, c’est loin d’être catastrophique. Je dirait même qu’il sont sympa pour la plupart. Par contre on aime ou on aime pas mais il a toujours une touche sombre, peu importe quand, il à presque comme un filtre poussiéreux, crasseux qui rend le tout imprégné de noir. Ca ne m’a pas dérangé ça donne un petit style. Est ce la mise en image littérale du grim dark ? 

Par contre oui on va avoir des planches moins réussies, des ratés au niveau des échelles, je pense notamment aux épées (tronçonneuse ou non) qui paraissent trop fine. Il va y avoir des poses maladroites et tout sauf classes. Je relèverait aussi un manque d’attention porté aux détails sur les vaisseaux spatiaux et les bâtiments impériaux. Loin d’être moche, ils manquent parfois de l’identité visuelle propre à Warhammer, ils semblent presque un peu sage ou trop vanilla. L’évaluation des distances est approximative par moment ce qui nous donnera l’impression de voir des Space Marine Votann… J’ai trouvé néanmoins que les visages étaient la chose la moins réussie dans cette bd  c’est ce qui à le plus péché selon moi. Par contre les Space Marines en armures sont vraiment bien fait, les armures nickel et Dreadnought est de toute beauté !

La qualité est plus régulière que dans « Defenders of Ultramar ». 
Les batailles sont bien rendues la plupart du temps, on a des scènes bien classes et qui saignent. Mais je repense à une bataille en particulier dont deux ou trois cases où l’action est quasiment illisible et je n’ai pas compris ce qu’elles représentaient… On remarquera aussi que souvent les cases sont plus grande que dans d’autre bd, ça peut faire un peu bizarre.
Il est aussi bon de noter que dans le second tome le dessin est mieux et plus régulier que dans le premier. Mais encore une fois c’est le problème avec le style comics à l’américaine, avoir plusieurs dessinateur peu parfois être un vrai problème.

Mais vraiment dans l’ensemble les dessins se tiennent mais sans mémorables pour autant. Bien sur on est loin de Démonifuge ou des comics plus récent fait en partenariat avec Marvel mais il ne faut pas oublier que cette bd est sortie en 2008, c’est la première bd traduit en français (il me semble) et une des premières en couleurs.
Alors désolé Maé pour moi les dessins sont quand même mieux dans la croisade des damnés que dans « Defenders of Ultramar », pas de beaucoup je te l’accorde mais la clef réside dans la régularité qui n’était pas présente pour le comics de Mc Neil. Mais cela n’empêche pas le fait que j’ai moins aimé la croisade des damnés, comme quoi le dessin ne fait pas tout.

(Les deux dernières illustration montrent le côté «moche», raide et l’effet «nain»)

Malgré le ton semi élogieux que j’ai pu adopter durant cette critique j’ai trouvé cette bd très moyenne. Certes on se laisse prendre parfois par des moments galvanisants mais le scénario manque d’un narratif fort. On passe trop souvent d’un endroit et d’un personnage à un autre sans toujours avoir de lien. Les dialogues sont parfois un peu trop cliché, il y a beaucoup de charges héroïques, on ne se pose jamais pour essayer d’installer une vrai histoire ou une vraie intrigue. Quand on pense que peut être il à un problème à résoudre c’est réglé en une page ou par une ellipse.
Et même si les dessins ne sont pas catastrophiques il ne sont vraiment pas assez marquant pour laisser des scènes têtes ou nous captiver réellement. Cette bd est la première de la série de 2008 publié par soleil il existe deux autre cycles de deux tomes et dites vous bien que la croisade des damnés est la plus réussie. Plus on avance dans la série plus le dessin est mauvais.

Pas un incontournable, pas une bouse immonde mais une bd moyenne et à la rigueur un objet incongru. Je lui mettrais un 10.5/11.

Vivement qu’on s’attaque à de la jolie BD 40k pour montrer ce qui peut être fait et ce que je juge être le haut du panier.

Les plus

  • Le Dreadnought et tout ce qui l'entoure.
  • Le bestiaire varié.
  • Les Spaces marines en armure complète.

Les moins

  • Le scénario pas assez marquant.
  • Le changement constant de personnage et temporalité.
  • Les planches ratés le sont vraiment.
  • La traduction "Tankrouge".
  • Rien qui nous marque vraiment.
2.5/5

Je gardai un bon souvenir de cette bd, mais si j’essaye d’être objectif elle est juste dans la moyenne. Scénario qui perd son lecteur au lieu de le captiver et qui le noie sous un torrent de bataille parfois un peu répétitive et parfois classe mais jamais assez marquante pour faire la différence. Les dessins ne claquent pas assez pour en faire un bon bolt porn.
Un intérêt réside selon moi dans la présence du Dreadnought et au fait que ce soit sur des Black Templars, mais ça n’en suffit pas à en faire bonne bd.
À lire en ligne ou à choper à pas cher donc...