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Critique de Mercy of the Dragon par Maestitia

Publié le Dimanche 20 septembre 2026

— Je suis le fils d’un forgeron, décréta Vulkan en balayant le désert du regard. Et vous…

— Et moi ? demanda l’Étranger. Qu’est-ce que je suis ?

Vulkan pivota pour fixer le guerrier à côté de lui.

— Vous n’êtes pas un simple étranger, fit-il.

La chaleur de la journée était en train de se dissiper sur Nocturne. Les hommes des tribus s’aventuraient sur les plaines cendrées et conduisaient leurs troupeaux. Les deux géants, eux, se tenaient sur une haute dune et observaient un monde de feu.

Le guerrier inclina la tête pour donner raison à Vulkan. Il leva ensuite vers le soleil une main recouverte d’un gantelet et observa la lumière se refléter sur le métal. Ce guerrier avait énoncé un mensonge, dans le but de rasséréner les Nocturniens et leur chef.

— Ne suis-je pas un homme, Vulkan ? demanda-t-il.

Les rayons brillaient non seulement sur Son gantelet mais sur le reste de Son corps protégé d’une armure. Il resplendissait d’une lumière dorée.

— Vous ressemblez à un roi, répondit Vulkan qui, pour la première fois, se sentait un peu gêné dans son humble tenue de forgeron.

— Je ne suis pas un roi, mais un roi n’est-il pas un homme aussi ?

— Pas pour ses vassaux.

Le guerrier sourit comme un mentor satisfait de la réponse de son élève. Il se tourna pour faire face à Vulkan. Le vent agitait sa chevelure, qui ondoyait derrière lui comme une traînée de fumée noire. Sa capeline rouge ondulait. On aurait dit un homme d’État sur le point de s’adresser à son peuple.

— Je suis l’Empereur.

— Ah, commenta Vulkan en souriant à son tour. Vous êtes plus qu’un roi. Et votre empire, ce sont les étoiles ?

L’Empereur suivit le regard de Vulkan et tourna Son visage vers les cieux tachetés de rouge. Son visage se fit plus sombre.

— Pas encore. Les ténèbres se terrent encore dans le vide sidéral.

Il regarda à nouveau Vulkan et Ses yeux s’emplirent de tristesse.

— C’est pourquoi j’ai besoin de toi.

Ce changement d’humeur ne dura qu’un instant, et il retrouva bien vite sa chaleur d’avant.

— Toi, reprit-il, le fils d’un forgeron. Pour m’aider à ramener la lumière.

— La lumière de la création ?

— Oui. Et pour être l’un de mes généraux.

Vulkan se rembrunit. Il se sentait soudain mal à l’aise.

— Je ne suis pas un seigneur de guerre.

— Et pourtant la guerre a embrasé la galaxie. C’est nécessaire, Vulkan. Et tu seras l’un de ceux qui la mèneront. L’humanité doit émerger de l’Antique Nuit et accepter la Vérité.

— Votre vérité ?

Nick Kyme revient avec le Primarque qu’il adore maltraiter, et ça tombe bien, parce qu’il est immortel ! Dans le cas contraire, cela ferait des lustres qu’il aurait rejoint Ferrus

Cela dit, l’introduction acide étant rédigée, je peux à présent vous faire découvrir cette nouvelle disponible dans le recueil Fils de l’Empereur, intitulée : La Compassion du Dragon.

Vous supposez que Kyme va une fois encore nous endormir avec son rythme molasse et ses dialogues peu engageants, mais vous ne devriez pas supposer ainsi.
En effet, c’est mal connaître cet auteur qui excelle dans le format nouvelle, mais qui pèche lorsqu’il doit aligner plus de 200 pages.

Et oui, dans cette histoire courte, Nick Kyme va nous offrir rien de moins que la rencontre entre l’Empereur et Vulkan sur le sol volcanique de Nocturne. Le fils et le père vont avoir un échange précieux pour le lectorat qui s’intéresse de près à la XVIIIe Légion. L’Empereur est ici pour convaincre son fils de rejoindre son armée et de participer à son rêve de bannir l’obscurantisme qui empoisonne l’humanité. Pour ce faire, c’est simple, dit l’Empereur : rejoins ma Grande Croisade et élimine tes adversaires au nom de la Vérité Impériale. Mais Vulkan n’est pas un guerrier, c’est un artisan, un protecteur. Vulkan crée, il ne détruit pas. C’est bien pour cela que le père veut récupérer ce fils : il est différent de ses frères et possède quelque chose de spécial.

En parallèle, nous suivons une pacification terrible et sans fin qui se déroule des années plus tard. La ville avait été baptisée le Bastion Sanglant par la Garde-sang de Ranknar. Ranknar étant la divinité faisant autorité sur cette planète (difficile de ne pas penser à Khorne, soit dit en passant). Ce peuple utilise tous les moyens possibles pour retarder l’assaut contre leur dernière forteresse. Usant de magie ou de pouvoirs psychiques, ils déploient des machines gigantesques capables de fendre un char impérial comme du beurre.
Sur place, Ferrus Manus et l’Empereur, rien que ça. Mais ce ne sont pas eux les véritables vedettes. Vulkan, surnommé le Dragon, va lui aussi participer à cette pacification en surprenant tout le monde, et c’est là que la nouvelle prend tout son intérêt.

Certains diront que la naïveté de Vulkan nuit au récit, mais c’est oublier l’un des traits intrinsèques du Primarque. Cependant, le cliché de l’enfant sauvé est, quant à lui, préjudiciable à mon avis. C’est une scène tellement facile et appuyée qu’elle en devient improbable plutôt qu’extraordinaire. Le lecteur avait compris que la force du Dragon résidait dans sa compassion, ce n’était pas la peine de nous le jeter au visage !
Bref, je n’irai pas jusqu’à dire que le final gâche tout le reste, mais j’admets avoirb ce passage. Peut-être suis-je le seul ; en tout cas, je l’espère, car j’ai apprécié cette nouvelle pour avoir réussi à réunir un tel casting sans le désacraliser.

Les plus

  • Rencontre père et fils solide.
  • Ennemis et dialogues intéressants.
  • Mise en scène efficace.
  • Ferrus Manus !

Les moins

  • Un cliché poussif qui gâche le final.
3/5

Une nouvelle qui ravira le cœur des passionnés de Vulkan. Elle laissera un beau souvenir aux adeptes de révélations au sujet des Primarques, mais lassera probablement ceux qui s'attendaient à de l'action.