Critique de Raldoron: Revenant par Magos L4 74L3
Publié le Dimanche 25 octobre 2026 | 5 révisions avant publication | 1 correction après publicationL’épée énergétique de Raldoron décrivit un arc vibrant dans l’air.
La Soif tira en lui, faisant remonter les échos d’atrocités passées. Il la contint, la repoussa.
Calme, pensa-t-il. Je suis le calme au cœur de la tempête. Je suis le silence qui précède le tonnerre.
Le Death Guard se mit en mouvement pour contrer son attaque, cherchant à prendre l’épée de Raldoron entre ses griffes éclair, où une rapide torsion du poignet suffirait à briser la lame. Raldoron modifia l’angle de son arme. La relevant pour la transformer en estoc, il frappa avec une violence soudaine en direction de la visière de son adversaire, contraignant celui-ci à protéger son visage en croisant ses griffes. Le Death Guard abaissa son centre de gravité pour dévier l’attaque, et sa jambe s’écarta, exposant un bref instant l’articulation vulnérable de son genou.
Calme, songea Raldoron. Il sentait la Soif en lui et la refoula, loin, très loin sous la pellicule infinitésimale de sa conscience. Là, elle nageait et claquait des mâchoires, implorant d’être libérée. Raldoron la pilla sans pitié pour en tirer de la force.
Un instant suffit à l’Archein. Son arme était prête, le bolt déjà en train de fuser avant même que Raldoron ait achevé de songer à presser la détente. Le projectile se logea dans l’articulation et explosa.
Calme, pensa-t-il. Je suis le calme. Ma fureur est celle de la pierre, de la glace, des âges. Je suis le fils de Sanguinius. Ma fureur est pure. Ce n’est pas la fureur du feu. Ce n’est pas celle des bêtes. C’est la fureur de la vengeance.
Pour le contexte ce roman se déroule durant les évènements de Beta Garmon, quelques temps avant le siège de Terra donc.
Raldoron et sa flotte doivent essayer de récupérer un maximum de troupe loyaliste dispersé sur les planètes aux alentours de Beta Garmon. Le gros des affrontements que nous suivrons se passera sur un agri monde. Je m’arrêterais là pour ne pas en divulguer trop et aussi parce que pour moi ce n’est pas l’intérêt principal du roman. Pour moi son intérêt réside dans son traitement de la soif rouge car elle est centrale dans cette histoire.
Le roman s’ouvre sur un flashback, lorque la légion portait encore le nom de Revenant. Raldoron est totalement consumé par la soif rouge, Guy Haley nous montrera à grand renfort de détail toute l’horreur du carnage qu’il à commis. On le verra emporter le casque d’un ennemi dont il s’est repu. Il possédera toujours ce souvenir durant l’hérésie. Il lui servira de décoration et d’objet méditatif. Le premier capitaine n’a pas l’air plus dérangé que ça par ce qu’il à fait. Il sait que malheuresement ça partie de lui.
Un tout petit plus tard nous verrons Siméon, néophyte dirigeant son escouade. Il se sent bizarre et constate qu’il ne se rappelle plus de ce qu’il s’est passé durant l’affrontement qui vient visiblement de se terminer. Puis il sent le goût du sang dans sa bouche et petit à petit les souvenirs remontent… C’est la deuxième vision de la soif rouge que l’on voit et franchement même si ça peut paraître un peu doublon je trouve qu’elle est presque complémentaire de celle de Raldoron. Peut être parce que la vision que Siméon à de ses souvenirs est horrifique, là où pour l’Archein, c’était limite business as usual. Je trouve ça bien de la montrer en dehors des évènements de Signus, car oui on l’avait vu à ce moment là mais au vu des circonstance c’était normal de voir les fils de Sanguinius consumé par la rage.
Le roman nous montrera plusieurs fois que la soif est le grand sujet de cette histoire. Il sera fait mentions des revenants une fois ou deux, pour montrer très brièvement dans quel état Sanguinius à récupéré sa légion. D’ailleurs fait intéressant, Raldoron dit qu’ils étaient tellement honteux de leur nature et de leur comportement que la nouvelle de la découverte de leur primarque n’était pas forcément une bonne nouvelle en soi pour lui. Il craignait réellement la réaction de leur père quand il découvrirait ce qu’ils sont. Mais comme l’histoire le montrera, le grand ange à été une réelle bénédiction pour ses fils. Même si c’était court c’était agréable de voir Raldoron parler des premier temps avec Sanguinius, de voir à quel point il à changé la légion et sauvé ses fils d’eux même.
À propos du grand Ange nous allons avoir quelques passages en sa présence. Tout d’abord parce que les évènements de ce livre se situe durant la tentative de freiner l’avancée d’Horus dans le système de Beta Garmon. et ensuite parce que comme Raldoron est premier capitaine, en plus d’être un proche du primarque, ces derniers s’entretiennent. Ce sera pour nous l’occasion de voir Sanguinius inquiet, Raldoron ira même jusqu’à dire qu‹il ne sent ni ne voit l’espoir que pouvait éprouver son primarque auparavant. Un bonne remise en situation de son état post signus et tempête de la ruine.
D’ailleurs, même si il apparaît peu, je trouvais que le grand ange était bien écrit, c’est important de le souligner tant ce fût rare dans les romans de l’hérésie. En parlant d’évènements passés, il sera fait mention de Signus plusieurs fois, on sent vraiment que ça a été un moment très marquant voire traumatisant pour les Blood Angels. C’est une bonne chose que de tenir compte de tout cela, on sent que Haley à voulu que son roman s’ancre réellement dans l’hérésie.
Pour en revenir à Raldoron (dont c’est le roman quand même), il va avoir un entretient et un entraînement avec Siméon, pour lui faire comprendre comment vivre avec la soif rouge sans la laisser le consumer. Comment s’en servir pour le combat mais ne pas la laisser prendre le dessus. C’est aussi pour ça que Sanguinius veux que ses fils pratiquent les arts, car la concentration les aidera à mieux canaliser la soif rouge. C’est très intéressant de le justifier de cette façon.
Peut être que c’était dans d’autre roman et que j’ai oublié mais ce roman m’a fait réaliser que la soif rouge n’est pas un état passager mais plutôt comme un addiction, quelque chose avec lequel les Blood Angels doivent vivre au quotidien.
J’ai toujours pensé que c’était un état passager qui n’arrivait qu’a certains moment, qui certes planait au dessus de leur tête constamment et qui pouvait advenir de manière aléatoire, mais je ne pensais pas que c’était quasiment constant et qu’elle ne demandait qu’a être libérée. Cela leur demande une vigilance, une discipline et une maitrise de soi constante.
C’était un passage chouette, voir l’Archein prendre le temps de montrer à une nouvelle recrue la manière dont gérer ce mal qui les atteint tous, ça à quelque chose de presque attendrissant. Il à conscience que cet état doit les surprendre. On à promis aux jeunes recrues qu’ils allaient devenir des soldats d’élite et au final ils ont l’impression d’être devenu des monstres. De cette manière Raldoron rassure Siméon et lui montre qu’il est possible de vivre avec cette affliction.
La citation qui ouvre cette critique montre un mantra que ce répéte Raldoron pour ne pas laisser la soif s’emparer de lui et rester maître de lui même. C’est un détail très chouette à incorporer, le genre de chose que j’aime et qui ancre réelement le propos de l’auteur dans son histoire.
En plus de Siméon on va pas mal suivre le haut marshall Faisal ainsi que son fils Assan qui font partie de l’auxilia qui accompagne Raldoron. Ils seront un peu développés, au début je ne comprenais pas trop leur utilité mais au fur et à mesure du récit on la comprend. Durant un affrontement particulièrement brutal on verra Siméon demander à Assan et ses hommes de partir, on sent que Siméon à peur que lui et son escouade bouffent le détachement de l’auxilia qui est avec eux.
Il y a un passage pas mal avec Assan, lui et ses hommes sont en transit depuis l’espace jusqu’à un champ de bataille, il ne sont quasiment pas couvert par d’autre vaisseaux. Voir la manière dont ils vivent cette descente est plutôt chouette, c’est le genre de détails que l’on à pas toujours et qui nous rappelle à quel point c’est désagréable et peut jouer sur leur moral.
Après avoir fini ce roman je me suis aperçu qu’une chose me sautait aux yeux, je ne m’en était pas autant rendu compte durant ma lecture ma lecture de l’hérésie mais là j’ai trouvé ça flagrant. Ici j’ai pris conscience la mission de Raldoron (et sûrement plein d’autre) était presque du gâchis. Mobiliser tant de Space Marines et de troupe juste pour ralentir l’ennemi, juste (comme il est dit dans le livre) pour qu’il y ai moins de traîtres sur les remparts de Terra. Lors des derniers affrontement du livres on verra d’ailleurs que c’est la même chose pour les traîtres. Y a t’il encore de l’héroïsme dans une telle tache ? Peut-on encore garder la dertermination de l’accomplissement de son devoir quand les batailles que l’on livre semblent juste absurde ? (C’est juste une de mes interprétation, je ne sais pas si l’auteur à voulu cela ou non). Ici on voit vraiment que Beta Garmon n’était qu’une histoire de nombre, les Impériaux devaient faire baisser au maximum celui des traitres et c’est tout.
Les recrues Blood Angels sont désabusé à cause de ce qu’ils sont, Raldoron désabusé par sa mission et comme on le verra à la fin même le haut Marshall est désabusé par la conduite de l’Imperium. Ce roman montre que ceux qui sont principalement touché par les évènements de l’hérésie (les soldats et les space marines) sont fatigués, ils se font de moins en moins d’illusions quant à leur sort et ce qu’ils défendent.
Le livre se terminera sur des dialogues que j’ai trouvé bien écrit et intéressant de part le constat qu’ils font. Je ne m’attendais pas à des dialogues comme ça pour la fin du livre, cela m’a agréablement surpris. D’ailleurs pour moi cette fin fait écho à la fin du roman primarque Primarch de Sanguinius, écrit aussi par Haley, dans le sens où toutes les deux sont très grinçantes.
La plume de Guy Haley est toujours aussi plaisante, en vo ça se lit tout seul. Il ne cesse de nous démontrer sont talent tant c’est fluide et prenant. Même quand il n’est pas en forme il écrit que la plupart des autres.
Je n’attendais pas ce livre, je n’avais donc pas d’attente particulières. Par contre si j’en crois le dos de la couverture la promesse de ce roman est de nous montrer Raldoron diriger des néophytes blood angels en proie à la soif rouge. Alors promesse tenue ?
Je dirais dans une certaines mesure oui, mais dans une autre ça ne l’est qu’a moitié. Je pense que le livre aurait gagné à être plus long et cet axe plus développé. J’ai eu l’impression d’avoir eu qu’une fraction de ce que ça aurait pu être. La faute du format de cette collection je pense.
C’est plutôt un roman chouette, pas de grande révélation, juste des détails sympathique à ajouter sur les Blood Angels. J’aurais aimé avoir l’impression de mieux cerner le premier capitaine, alors c’est le cas mais juste un peu. On le savait stoïque, dirigé par son devoir qu’il accomplira coûte que coûte. Ce qui est rafraichissant c’est de voir la façon dont il gére sa malédiction et le regard qu’il porte sur sa légion.
Les plus
- Raldoron et Sanguinius bien écrit.
- Les quelques détails sur les Revenants et l'arrivée du Primarque.
- La soif rouge.
- Les dialogues final.
- La plume de Haley.
Les moins
- Trop court.
- Des sujets qui ont du potentiel mais qui ne sont pas creusés.
Ce roman m’a aidé à mieux comprendre ce avec quoi chaque space marine de ce chapitre doit composer au quotidien. C’est une bonne addition pour qui s’intéresse à eux. Il aurait bien entendu gagné et à être plus long et certains sujets auraient du être plus développé. Il se rattrape en nous montrant l'horreur psychologique de la soif rouge, un parti pris intéressant, qui change et qui est complémentaire des évènements de Signus.
