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Critique de Titanicus par Priad

Publié le Dimanche 26 mai 2013

Elle leva son arme pour pouvoir observer au travers de sa lunette intégrée.
Ses mains continuaient de trembler. Il lui fallut un moment pour régler la focale.
La vue était floue, se fixa et devint nette. Des flammes crépitantes. Cally poussa un peu le réglage du grossissement. Image floue. Les feux de joie étaient des corps immolés. Des dizaines de dépouilles humaines noircies démantibulées, horriblement racornies, qui jonchaient la voie et brûlaient. Cally réprima un sanglot. Il était impossible de reconnaître un seul de ces corps.

Premier livre sur les Titans, ce dernier nous plonge au cœur du Monde Forge d’Orestes attaqué par les forces du Chaos. Nécessitant une aide d‘urgence, Orestes lance un appel au secours. Des Titans Impériaux, revenant de récents combats et nécessitant de lourdes réparations, vont alors leur venir en aide. S’annonce alors de colossaux combats, impliquant une Légion Titanique face aux Titans du Chaos.

Dan Abnett  profite de ce point de vue pour le moins anodin pour nous en mettre plein la vue aux travers d’énormes batailles, un peu comme il l’avait déjà fait avec son roman Double Eagle. Dès lors, on aurait pu s’attendre à ce que la trame tombe dans quelque chose de répétitif à la surexploitation de ces machines de guerre, mais il n’en est rien.
Tout d’abord, parce que Dan Abnett ne s’enlise pas dans de longues descriptions indigestes, mais surtout parce qu’il renouvelle suffisamment l’intrigue grâce à l’insertion d’autres histoires et personnages en parallèle de l’action principale. On suivra alors la bataille à travers les yeux des survivants, certains fuyant les combats, d’autres désirant défendre coûte que coûte leur monde forge. Ici réside tout l’intérêt de ce livre, vivre d’impressionnantes scènes de guerre, de plusieurs points de vue. Une approche narrative que l’on retrouvera de nouveau dans La Bataille de Calth.  Ainsi, le contraste existant entre ces différents regards sur une même bataille accentue davantage le gigantisme des Titans et la petitesse des êtres humains. Néanmoins, la situation reste douloureuse pour tout le monde.

On appréciera donc de suivre la fuite des humains au milieu de ce chaos et de cette violence. Se représenter leurs peurs et leurs faiblesses les rend d’autant plus intéressant dans le sens où l’on peut aisément s’identifier à eux.

Le livre est prenant, d’autant plus que  le récit accueille quelques rebondissements, mais cela ne suffit pas à cacher certains passages clairement sous exploités. De plus, le livre aurait gagné à être un brin plus court. Les actuelles 500 pages ne rendant pas service au rythme du livre. Le tout reste de très bonne facture, mais à quoi bon écrire une longue histoire pour en bâcler la fin. En effet, tout au long du livre l’auteur nous prépare à une énorme bataille finale impliquant des dizaines de Titans. Et alors que l’on s’impatiente d’atteindre ce passage, l’auteur le décrit alors sur quelques misérables pages, créant la surprise, mais aussi la déception. Du côté des survivants par contre, la fin m’a semblé étudiée et loin d’être optimiste pour tout le monde, rendant le tout très humain et crédible.

Néanmoins, malgré ce final que l’on peut qualifié de décevant, élément bien trop souvent récurent dans les œuvres de Dan, les raisons de lire ce roman demeurent nombreuses. À ce titre, comment ne pas parler de l’apport fluffique de ce roman ?
C’est un véritable gisement d’information pour qui n’a jamais rêvé d’en savoir plus sur les titans. De ce point de vue, l’auteur se montre exhaustif car il nous propose la vision des plus puissantes machines de l’Imperium depuis plusieurs échelles. Nous suivrons donc des mécaniciens en proie au doute et à la dissension concernant leur foi, tandis que de l’autre côté nous côtoierons l’élite, les princeps, les hommes qui ont la lourde tâche de contrôler ces immenses machines.

Ainsi vous aurez l’occasion de vous familiariser avec le fonctionnement d’un Titan, en passant des plus hauts, aux plus bas niveaux de son anatomie. Ce qui ressort de cette visite, c’est l’incroyable travail de maintenance des mécaniciens qui sont à leur manière des héros, mais aussi une impression de fausse fragilité qui entoure les princeps. Ces pilotes sont tellement reliés à leurs machines qu’ils en ressentent les dégâts,  provoquant ainsi d’intenses souffrances physiques. Nous pourrions nous attarder sur le sacrifice représenté par le fait  d’être pilote de Titan, vivre dans une cuve de liquide amniotique rendant leur situation aussi enviable que celle des dreadnoughts.

En bref, Dan Abnett se pose comme l’auteur phare de la Black Library car c’est vers lui que l’on se tourne pour écrire des romans ayant pour fonction la mise en lumière de certains segments de l’armée impériale. Pour le moment il a relevé avec brio le challenge pour l’aviation impériale et la légion titanique, peut être le retrouverons nous un jour dans un roman sur la flotte spatiale impériale, qui sait.

Les plus

  • Les Titans au centre de l’histoire, une première.
  • Plusieurs points de vue abordés permettant un peu de diversité dans les situations.
  • Le livre fait plusieurs fois référence à la saga Les Fantômes de Gaunt.
  • Des scènes impressionnantes.

Les moins

  • Une conclusion abrupt et sans saveur du côté des Titans.
  • Un livre qui souffre d’être si long, certains passages auraient pu être omis.
4/5
Un très bon roman qui ne manque pas d’idées, à lire pour ses titans et son approche originale qui ne choisit pas la facilité, mais qui souffre malheureusement de petites longueurs.