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Critique de La Mort des Titans par Maestitia

Publié le Samedi 23 septembre 2023 | 6 révisions avant publication | 3 corrections après publication

Les cors de guerre sonnaient différentes notes selon les Legios. Les échanges par vox étaient perturbés par la tempête et par l’action de l’ennemi, et les brames mélancoliques des machines étaient aussi utiles que des moyens de communication sophistiqués pour appeler les unités à se regrouper. Quand les Imperator furent passés, le salut tonnant s’interrompit, et les titans appelèrent les autres membres de leur ordre pour se mettre en formation.

Le vaisseau de descente du 1e Manipule gronda de manière plaintive et se mit à se hisser de nouveau dans le ciel, sa porte ne se fermant complètement que lorsqu’il fut à une centaine de mètres au-dessus des têtes. Ses boucliers scintillèrent dans la tourmente.

D’autres vaisseaux de l’Artemisia furent révélés par son départ. Cinq autres manipules en sortaient, chacun renforcé par les survivants des formations perdues. Des vaisseaux-coffrages en dégorgèrent d’autres. À cinquante machines divines, la présence de la Legio Solaria était importante selon les critères de cette offensive, mais d’en avoir autant ici rappelait péniblement à Mohana Mankata Vi tout ce qu’elle avait perdu : les engins déployés sur le terrain constituaient l’essentiel de tout leur effectif affaibli.

Les transmissions stressées des officiers au déploiement l’enjoignaient de sortir de la zone d’atterrissage, et elle leur obéit. Elle marcha alors que les derniers éléments de la Legio Solaria se posaient encore, pour emmener ses filles vers leur point de rassemblement, et un rassemblement de titans comme il ne s’en était jamais vu.

Aucune troupe inférieure ne se posait en même temps qu’eux. Un vent brûlant, riche en radioactivité assassine et en vapeurs empoisonnées, fouettait les plaines mortes. Les mines terrestres avaient pris la place des brins d’herbe sur ce monde. Les titans en faisaient éclater des centaines à chacun de leurs pas plongeants. Tout véhicule d’une taille inférieure aurait été anéanti.

L’atterrissage se poursuivait, alors que les titans se rassemblaient. La vingtaine de livrées peinait à se différencier sous les couches de sable accumulé. Le bleu, l’or, le rouge, le vert, le blanc crème, le bronze, l’argent, le gris, l’orange… L’héraldique était aussi riche qu’au sein de toute armée de l’histoire de l’Humanité.

La communication était difficile avec les strategos à bord du Red Tear. L’amplification des signaux vox réussissait à percer au travers d’une partie des interférences et des brouillages, mais pas intégralement. Les Legio se trouvaient forcées de négocier avec d’autres à mesure de leur avancée. L’accord sur l’ordre de marche se résolut étonnamment très en douceur. L’importance de cette bataille était claire pour tous ; l’heure n’était pas aux chamailleries. Mohana Mankata Vi envoya ses manipules Venator vers l’aile droite, en les détachant sans y réfléchir à deux fois sous le commandement de la Legio Ignis qui tenait ce flanc en force. Elle-même resta au centre de l’armée avec les autres formations de myrmidons. Les formations se répartissaient par type plutôt que par Legio. Les manipules Axiome vinrent flanquer les myrmidons, puis ceux de type Venator envoyèrent des meutes de Warhound à l’avant, et la ligne de bataille se courba comme les cornes d’un taureau en charge. Entre leurs pointes, fut arrangée une ligne de tirailleurs forte d’un millier de Chevaliers Impériaux, tels les hommes d’armes à l’avant de leurs seigneurs montés, dans un combat entre deux maisons divines.

Tant de princeps et de barons ne pouvaient se soumettre qu’à l’ordre direct d’un primarque, et même alors, peut-être uniquement à un ordre venu de Sanguinius.

Les vaisseaux étaient à présents plus nombreux à redécoller qu’à venir atterrir. La plupart des titans étaient sur le théâtre d’opérations, puis ils le furent tous. Les derniers vaisseaux de descente rebroussèrent chemin en grimpant à travers les airs. Les ultimes explosions d’un malheureux engin abattu sonnèrent comme une salve d’honneur pour l’armée de géants, et ils firent ensemble retentir leurs cors de guerre.

Lorsque Mohana Mankata Vi donna l’ordre, sa voix se mêlait à celle de vingt autres grands maîtres de Legio.

— Legio Solaria, dit-elle. En avant.

Les titans se mirent en route vers leur cible, leur pas faisant trembler la terre.

Qu’est-ce donc que l’amas de Bêta-Garmon et pourquoi cet affrontement est-il aussi important ? C’est la question à laquelle une quatrième de couverture devrait répondre sous peine de passer à côté d’un roman mémorable dont l’importance et l’implication dans la saga sont cruciales. Or, ce n’est pas vraiment le cas. Alors, je vais vous expliquer de quoi il en retourne.

L’amas de Beta-Garmon a été colonisé pour la première fois pendant le Moyen-Age Technologique. Elle a été l’une des rares régions de l’espace humain à avoir largement survécu à l’Ère des Luttes ce qui en a fait un endroit essentiel dans les premiers jours de la Grande Croisade lorsqu’il a pacifiquement fusionné avec le jeune Imperium. Beta-Garmon est également le foyer de routes Warp stables qui permettent l’accès au système Sol. Ces facteurs en font une région extrêmement importante d’un point de vue stratégique.

Beta-Garmon a aussi servi de point de rassemblement pour la force de représailles impériales avant de frapper Prospero. De plus, en raison de la Tempête des Ruines au début de l’Hérésie d’Horus, l’amas a été coupé du reste de l’Imperium et des schismes entre les factions loyalistes et renégates ont commencé grâce à l’instigation de l’Alpha Legion.

Bêta-Garmon est donc un accès direct pour Terra et il était donc évident qu’Horus planifia d’y passer coûte que coûte. Cependant, il savait que le temps jouait contre lui et qu’il devait faire passer le gros de ses forces le plus vite possible, d’où la mobilisation massive de Titans. De l’autre côté, Dorn et le reste des Primarques retournés à temps dans le système Sol (Sanguinius et Jaghatai Khan) doivent agir afin de retarder au maximum les forces du Maître de Guerre.

L’affrontement est perdu d’avance pour les loyalistes, mais le temps qu’ils gagneront sur Bêta-Garmon et ses environs pourrait être décisif pour la bataille finale. De là, la réponse de l’Imperium se traduit par le déploiement sans précédent de Machines Divines dans l’amas de Garmon. Voilà qui attise un peu mieux la curiosité. Et si je vous disais que La Mort des Titans est bien plus que ça.

La Legio Solaria, une Legio de Titans connue pour être exclusivement féminine, va jouer un rôle crucial pendant la campagne de Beta-Garmon lors de l’Hérésie d’Horus. Sous la direction de leur légendaire fondatrice, Mohana Mankata Vi, également appelée la «Grande Mère», la Legio Solaria s’est engagée pleinement dans la bataille pour protéger le Segmentum Solar contre les Traîtres menés par le Maître de Guerre Horus.

Le roman prend le temps de développer les origines de la maison Vi, des Chevaliers qui y prospéraient et des rivalités des anciennes maisons avant que le Mechanicum n’y impose son autorité. L’histoire derrière la composition exclusivement féminine de la Legio est passionnante et offre un réel intérêt. Ce n’est pas souvent que les femmes prennent une place centrale dans un roman Warhammer. Les protagonistes sont bien développés et complexes, ce qui les rend crédibles et attachants. Leurs motivations, leurs conflits personnels et leurs doutes ajoutent une dimension émotionnelle à l’histoire, ce qui rend le tout encore plus captivant.

Au-delà des personnages, j’ai été captivé par la narration qui parvient à nous immerger dans l’univers des Legio Titanica. En effet, les hommes et les femmes qui ont le privilège de commander ces machines divines le font à travers différentes interfaces, connexions et rituels. J’ai particulièrement apprécié les descriptions précises de la symbiose entre l’Esprit de la Machine et la psyché humaine. C’est véritablement fascinant d’observer le lien spirituel qui se produit lorsque le Princeps entre en harmonie avec son Titan.

Qu’il s’agisse d’un Warlord, d’un Reaver ou même d’un simple Warhound, chaque pilote doit établir une liaison à la fois physique et mentale avec sa machine. Tout comme chaque être humain possède sa propre personnalité, chaque machine Titan a ses propres émotions. Cette exploration de l’interaction entre l’humain et la machine est tout simplement géniale.

Il devient alors rapidement évident que le chemin vers la perfection de la machine ne réside pas dans la réduction de l’humanité à travers l’ajout de méchadentrites ou d’autres augmentations biomécaniques, mais bel et bien dans la fusion complète et totale avec une machine divine.

Les scènes de combat sont un véritable régal pour les amateurs d’action. Guy Haley parvient à créer des batailles épiques, fluides et visuellement saisissantes entre les Titans, offrant aux fans d’Adeptus Titanicus des moments de pur plaisir. Je pense notamment à la scène sur la ceinture métallique en plein vide spatial où les tirs fusent dans toutes les directions. C’est là que la Legio renégate Vulpa déchire ses adversaires au corps à corps à l’aide de griffes aux proportions titanesques (c’est le cas de le dire !).

Comme je l’ai mentionné précédemment, chaque machine possède ses propres qualités, mais aussi ses faiblesses. Certains Esprits de la Machine sont belliqueux, d’autres impatients, et lorsque cela se conjugue avec leur Princeps, cela donne lieu à de véritables batailles d’orgueil où les egos les plus extrêmes s’affrontent pour la victoire et la suprématie. Le tout se déroule dans une ambiance de science-fiction bien dosée et toujours empreinte d’une dimension épique. En résumé, le spectacle est constant.

Finalement, je conclurai en disant que ce roman est indispensable. Il établit un lien direct entre Le Fléau du Loup et Esclaves des Ténèbres, tout en apportant une richesse intrinsèque à l’univers de Warhammer, qui se révèle être les Titans. Bien plus que de simples machines de guerre, les Legio et le Mechanicum sont des éléments sous-exploités tout au long de la saga. Il est donc appréciable de plonger dans les aventures de ces Princeps aux commandes de bipèdes gigantesques incarnant littéralement les dieux de l’histoire ancienne.

Les plus

  • Les Legio Titanica au cœur du roman.
  • Une plongée extraordinaire dans la fusion humain/machine.
  • De l'action épique avec des combats disproportionnés.
  • Des personnages attachants.

Les moins

  • Certains chapitres mous ralentissent le rythme de façon maladroite.
4/5

"La Mort des Titans" est un roman qu'il ne faut pas ignorer. Les Legio et le Mechanicum sont portés par des personnages touchants qui savent nous narrer les affrontements épiques auxquels se livrent les Machines Divines. Bêta-Garmon et sa guerre représentent la dernière barrière avant l'invasion du Système Solaire par le Maître de Guerre Horus. Nul ne devrait se soustraire à ce récit, sous peine de courroucer l'Omnimessie.