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Critique de La Voie de l'Incube par Maestitia

Publié le Mardi 10 décembre 2013 | 3 corrections après publication

La réalité est spontanée et inconnue, mais elle est aussi chaotique, abrupte, merveilleuse, terrible et par dessus tout, imprévisible. La triste vérité est que certaines choses arrivent malgré tout. Les plans tournent mal, des éléments imprévus couplés à certains incidents marquants, et indépendants, donnent naissance à un voyage inattendu. Inattendu pour certains, du moins. Il y a des puissances dans l’univers capables de percevoir toutes les possibilités. Elles ne cessent jamais d’essayer de faire pencher la balance en leur faveur. Un coup de pouce par ici, un autre par là afin que tous les désirs soient assouvis. Mais ils ignorent qu’au-dessus d’eux, certains donnent aussi des coups de pouce et les manipulent à leur tour.
Il est dit que lorsque les mortels tentent de prévoir, les dieux s’esclaffent. Voilà donc où nous en sommes. Morr et Motley sont tous deux frustrés dans leurs efforts à cause d’un tiers élément inattendu. Le monde des esprits penche toujours vers une guerre contre Commorragh, les habitants de la cité noire tentent de lutter mais échouent à survivre. Au milieu d’une catastrophe libérée par des pouvoirs qui les dépassent, les événements continuent encore et toujours leurs spirales hors de tout contrôle, générant la destruction lors de sa chute vers l’anarchie. Reste-t-il de l’espoir pour une fin satisfaisante et peut-être une leçon de morale ou deux ? Difficile de le dire pour l’instant. Ce qui est sûr, c’est que le compte à rebours a déjà commencé.

J’adore constater qu’en lisant de l’Eldar Noir, on a tout de suite accès à un vocabulaire singulier et à une histoire des plus savoureusement malsaines.

Je vais être franc, La Voix de l’Incube est une suite comme on les aime. Elle nous présente, tout comme Firedrake, série sur les Salamanders, une suite punchy qui donne envie d’en arriver au tome final, mais en y ajoutant une curiosité : le scénario principal. Et c’est d’une disjonction dont il s’agit et ce thème reste fortement ancré. Nous entamons donc ce récit, avec une belle mise en abîme ou, remise en abîme, qui permet aux deux type de lecteurs de partir à égalité. Car son introduction a l’avantage de bien résumer où nous en sommes, ou nous rappeler par quoi nos antihéros sont déjà passés.

Ce roman sera donc séparé en trois fils scénaristiques classiques, dont le principal est centré sur Morr, notre Incube badass déshonoré et Motley, un Arlequin qui joue habilement avec ces différents masques. Le récit arrivera vite à nous faire douter des fins possibles car la disjonction déchire la seule barrière qui sépare les entités du Warp et les cités Eldar Noir bâties dans la toile. On parle bien d’une catastrophe qui pourrait définitivement anéantir une race qui n’est déjà que le restant de survivant du à un ancien cataclysme.
L’histoire suit donc son petit chemin de destruction pour notre plus grand plaisir de sadique que nous sommes.

Comme je l’ai déjà mentionné, le point fort de ce livre reste sa richesse vis à vis de notre immersion dans les personnages, car vouloir donner envie au lecteur de s’attacher à de l’Eldar Noir, ne doit pas être une mince affaire pour un auteur. Morr est un personnage classique. On découvrira à la fois son passé et comment il en est arrivé à devoir fuir Commoragh alors qu’il était l’un des Incubes les plus respectés.

Son duo avec l’Arlequin, est tout parfait. L’échange entre le guerrier morne et le clown mystérieux est simplement jouissif. Ces deux antihéros sont lancés dans une quête rédemptrice, mais Rob saura facilement nous surprendre quant à ces débouchés, grâce à des personnages aux multiples facettes.

Une chose qu’il faut repréciser, c’est que la richesse de l’univers Eldar Noir ne peut pas être complètement expliquée en un ou encore trois tomes. Il vous faudra peut-être vous renseigner sur le fluff, avant de pouvoir apprécier le jeu qui se joue entre Archontes, Haemonculis et simples Kabalistes.

Au delà de cela, le roman possède plusieurs niveaux de lecture. En effet, il sait bien souligner la finalité d’un régime totalitaire guidé par la peur et la répression dans une société agonisante. Mais je m’égare peut-être. Ajoutez à cela, un rythme maîtrisé, une fin mieux soignée que dans La Voie du Renégat et vous obtenez, une suite comme on les aime.
Je mets tout mes espoirs dans le prochain tome qui s’annonce sanglant et meurtrier à souhait.

Les plus

  • Personnages approfondis.
  • Evolution de la catastrophe dans Commoragh et ailleurs.
  • Rythme efficace, même si l’histoire de Morr reste un roadmovie.
  • Duo très agréable, mais classique.
  • Une atmosphère toujours aussi malsaine.
  • Vect en personne !

Les moins

  • Peu d’affrontements, malgré une action omniprésente.
  • Les combats n’est pas le point fort de l’auteur.
  • Vocabulaire recherché.
  • Que de l’Eldar, comme dans le premier tome.
4/5
Une suite comme on les aime. Commorragh part en lambeaux et ses habitants s’entredéchirent pour la survie ou le pouvoir. Rien que le contexte devrait vous donner envie de le lire.