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Critique de Night Lord par Drystan

Publié le Mercredi 15 janvier 2014

La voix de son maître glissa le long de la rigole de sa mémoire. Tuez un million d’entre eux, et ils feront la queue pour vous affronter. Mais tuez un seul homme, et ils vont imaginer des démons et des monstres derrière chaque ombre. Tuez une dizaine d’hommes, et ils vont pleurer et gémir toutes les nuits. Ils ne vont pas ressentir de la haine, mais de la peur.
Sahaal opina du chef, satisfait. La première étape était complète. Ses frères allaient arriver pour lui. Et il serait considéré comme un faible ou un fou s’il n’était pas prêt.

Avant toute chose, il semble nécessaire de replacer la sortie de ce roman dans son contexte. À savoir, que Night Lord de Simon Spurrier est alors à sa sortie l’une des seule et unique source concernant la très peu couverte 8ème Légion.
Très récemment, et avec brio, Aaron Dembski Browden a d’ailleurs initié une trilogie consacrée à ces derniers dont le premier tome a été critiqué ici.

Je peux avancer qu’alors, ni l’auteur ni la Légion n’étaient connus du grand public. Simon Spurrier, à ce jour, n’a été édité en français qu’à l’occasion de ce roman. Il est également l’auteur de plusieurs nouvelles et d’un roman w40k Fire Warrior s’inspirant probablement du jeu vidéo éponyme.
Concernant la légion des Night Lords, cette dernière fut uniquement traitée en détail dans l’Index Astartes II, ce document fictif détaillant l’ensemble des armées Astartes.

Cette légion étant une de mes favorites (côté traîtres), je me souviens avoir attendue ce roman avec impatience. Je connu néanmoins une légère déception en parcourant les premiers chapitres. Le nom du roman lui même laissait présager de ce fait, mais de découvrir que l’histoire serait centrée sur un seul et unique Night Lord m’a quelque peu surpris.

J’ai cependant rapidement changé en poursuivant la lecture de ce roman. Le scénario est relativement basique mais très efficace. Zso Sahaal, premier capitaine durant l’hérésie et désormais Maître des Serres, s’est écrasé avec son vaisseau sur un monde ruche nommé Equixus. Nous apprendrons au fil de la lecture que les Eldars ne sont en rien étrangers à ce naufrage. Concernant Zso Sahaal, ce dernier était à la recherche d’un artefact très précieux de sa légion, la Corona Nox, qui était la couronne de Konrad Curze, primarque défunt des Night Lords. Finalement parvenu à récupérer ce précieux artefact, Zso Sahaal tombera dans une embuscade Eldar en plein espace, se retrouverant prisonnier du Warp durant près de 10 000 ans.
C’est au moment de son réveil que le récit débute, le Night Lord découvre alors que son vaisseau s’est écrasé, mais pire, que la Corona Nox a été dérobé. Simple coïncidence ou heureux hasard, les pilleurs du vaisseau sont encore très proche et la chasse peut débuter.

Le reste du roman se trouvera divisé en deux, alternant les chapitres entre deux personnages, Zso Sahaal et Mita Ashyn, une interrogatrice de l’inquisition possèdant des talents psychiques.
Un tel découpage entre chapitres permet d’appréhender le récit selon deux points de vue. D’un côté la lente chasse du Night Lord pour récupérer son bien, de l’autre la traque du Space Marine par les autorités impériales avec à leur tête la jeune interrogatrice.

Ce double point de vue permettra d’explorer la gigantesque ruche avec d’un côté les hautes sphères de la ville (les détails sur le fonctionnement de l’adeptus arbites seront intéressant), et de l’autre, les bas-fonds, lieu de misère, pauvreté et repère de tous les exclus de la société.

La chasse de Zso Sahaal l’emmènera donc jusqu’aux bas-fonds de cette ruche, en plein cœur des bidonvilles. Cet environnement, tout comme celui de ce monde en général lui rappelleront Nostramo, son monde d’origine, du fait de l’obscurité permanente. Ses sens ainsi que ses capacités martiales seront ainsi au summum. Le lecteur appréciera l’éventail des techniques de cette légion pour instiller la peur et la terreur dans toute une cité. Notre Night Lord parviendra à s’entourer d’une véritable armée de larbins et à mettre à mal l’autorité en charge de ce monde ruche. S’ensuivra un chassé-croisé palpitant entre les deux principaux protagonistes que sont Zso Sahaal et Mita Ashyn. Mais au milieu de cette double traque, n’y a t-il pas des enjeux plus importants encore ?

Ce que j’ai apprécié dans ce roman est surtout le fait que bien qu’il soit seul, Zso Sahaal parvient à provoquer d’énormes problèmes sur un monde ruche dans son entier, reflétant à merveille le principe de guerre psychologique qu’applique sa légion. Son personnage est loin d’être chaotique, et il l’explique lui même, c’est surtout la haine qui le motive. Il reste cependant convaincu que sa légion est resté telle qu’elle était lors de l’hérésie et ne se doute pas que certains de ses frères ont été corrompus. Le lecteur peut se retrouver malgré lui attaché à ce personnage coincé dans le passé et perturbé par les souvenirs de son bien aimé Primarque.

Au fond, Zso Sahaal est un Space Marine paranoïaque, sadique même, mais pas totalement corrompu par le chaos car il sert sa Légion avant tout.

Le roman est riche en suspense, même si la fin est à mon goût un peu alambiquée et dénote avec le reste du livre. L’auteur parvient à nous faire visiter un monde ruche, à nous en faire découvrir différents aspects, en jonglant entre les deux visions, nous en apprenant plus sur la légion des Night Lords et son Primarque, mais également sur l’inquisition, à petites doses.

Les plus

  • Un premier roman sur une légion peu traitée jusque là.
  • Des apports conséquents niveau fluff, surtout sur la légion des Night Lords, mais aussi sur la vie d’un monde ruche et de l’adeptus arbites.
  • La division du roman selon deux points de vue, jonglage habile de l’auteur.
  • Un style efficace, pas trop dans la description mais pas non plus centré sur l’action.
  • Les introspections et flash-backs de Zso Sahaal.

Les moins

  • Un seul night lord, c’est peu, mais finalement suffisant.
  • Le personnage de Mita Ashyn est parfois exaspérant.
  • Quelques largesses dans le scénario, surtout dans le dénouement.
4/5
Un premier roman réussi sur une légion initialement mise de côté, mais il aurait été intéressant d’avoir une vue plus globale des Night Lord. A bien ouvert la voie pour Le Chasseur d’Âmes d’ADB.