Le ReclusiamCritiques des publications et Ebooks Warhammer 40 000 de la Black Library
Navigation
Navigation

Critique de Paria par Priad

Publié le Mercredi 22 mai 2013 | 4 corrections après publication

Je me battrai, avec mes petites lames d’argent, si il le fallait. Je rejetais simplement la notion dans mon esprit que c’était un combat que je ne pouvais pas gagner. Je le savais, mais je l’ignorais. J’avais besoin de confiance en moi et de voir clair, pas d’un pessimisme rationnel. J’en descendrais autant que je pouvais.

Paria où le livre de l’inattendue. Mettez toutes vos attentes de côtés car de toutes manières, le roman les dépassera à tous les niveaux. Premier tome d’une nouvelle trilogie censée clôturer le cycle de l’Inquisition par Dan Abnett, Paria nous transporte dans la vaste cité de Queen Mab, une ville ou rien n’est ce qu’il semble être. Un crédo qui sera aussi imposé au lecteur, perdu pendant la majeure partie du roman.

Censé n’être que le journal personnel d’Alizebeth Bequin, personnage ayant fait parti de l’équipe d’Eisenhorn rappelons-le, le livre nous fera revivre son enseignement en tant que Paria et agent de l’Inquisition avant de se poursuivre avec nos deux inquisiteurs favoris, devenus ennemis. Je ne peux malheureusement que difficilement aborder l’histoire de ce livre tant le moindre détail pourrait en ruiner tout l’intérêt. Vous remarquerez d’ailleurs que la quatrième de couverture reste très vague en ce qui concerne les évènements qu’il s’y passe. Le premier quart du livre se concentrera donc sur l’adolescence de Bequin au Maze Undue, une école appartenant à l’Inquisition, tandis que le reste du livre nous fera vivre une partie de chasse contre notre héroïne, traquée pour ses capacités, mais pas seulement.

Les personnages qui l’accompagneront seront surprenants, mais aussi très attachants, chacun ayant son propre background. Ma préférence ira vers Lightburn, un homme portant un lourd fardeau, qui accompagnera et protégera Bequin au péril de sa vie afin d’alléger sa conscience. D’autres personnages bien mystérieux seront de la partie, comme cet homme massif se battant au côté d’un chien contre des Space Marines du Chaos. Bien évidement, le simple fait de révéler son nom ruinerait une de mes révélations favorites. Les détails vous seront donc donnés au compte-gouttes, les motivations personnelles des personnages ayant évidement un impact sur la raison pour laquelle ils sont impliqués dans cette histoire. Bequin ne pourra véritablement faire confiance à personne, l’incertitude et la réserve étant sa meilleure arme de survie.

Du côté de nos inquisiteurs, l’identité des membres de leur équipe ne sera pas dévoilée avant que Sieur Abnett n’en ait décidé autrement. Un plus qui rajoutera encore beaucoup aux affrontements qui dès lors ne nous disent pas qui est exactement impliqué dans le conflit. Les scènes d’action ne sont pas au centre du roman, préférant chuchoter des complots à l’oreille du lecteur, malgré cela nous aurons droit à certains passages marquants comme un assaut sur … je m’égare pardon.

Dan Abnett signe ici le livre le plus surprenant qu’il m’ait été donné de lire dans l’univers Warhammer 40K. Vous serez véritablement perdu dans cette histoire dont les tenants et aboutissants ne vous seront révélés que dans le dernier quart du livre. Une partie que l’on dévorera avec un plaisir coupable tant il est impossible de s’arrêter lorsque les révélations pleuvent et que les pièces du puzzle commencent à se mettre en place. Tout le talent mis à profit pour écrire sur l’Alpha Légion et ici confirmé par l’auteur lorsqu’il s’agit de nous surprendre.

Ce livre n’a répondu à aucune de mes attentes car ces dernières étaient, pour ma part, complètement différentes. Il a su néanmoins les transcender et m’offrir une expérience de lecture rare. Ne vous attendez donc pas à d’épiques moments de batailles entre Ravenor et Eisenhorn, leur nom n’étant pas même prononcé pendant les 3 premiers quarts du livre.
Ravenor VS Eisenhorn, publicité mensongère ? Non car il vous faudra deviner les rares apparitions qu’ils feront, toujours avec une classe folle. Certaines fois, la seule mention de Thorn ou Talon suffira à vous donner la chair de poule. Mais une chose est certaine, au plus vous devinerez la présence de nos inquisiteurs et au plus vous vous demanderez si vous n’avez pas mal interprété les faits.

L’intensité du livre va crescendo, Dan Abnett nous offrant encore et toujours plus d’éléments à insérer dans une trame qui ne semble plus avoir aucun sens. Rassurez vous car l’auteur maitrise bien son récit et vous donnera la clef vous ouvrant la porte de la compréhension, mais pour cela il faudra être patient et tenté d’interpréter chaque signe, chaque phrase et de mettre en relation les personnages entre eux. Nul doute que vous allez être perdu pendant les 200 premières pages du livre qui vous maltraitera aussi mal que l’est Bequin. Un sentiment extrêmement jouissif.

Le rythme du livre est assez insaisissable dans le sens où l’on ne sait jamais trop ce qu’il va arriver en tournant une page. Néanmoins, l’ennui jamais ne point et les chapitres, plutôt courts (en moyenne de 5 à 10 pages), permettent de garder en éveil toute notre curiosité. Il est important de noter qu’alors que l’on pouvait très bien lire la trilogie de Ravenor avant celle d’Eisenhorn, ce livre-ci requerra d’avoir au préalable lu les 6 tomes précédents.

Paria, un roman monumental qui vous coupera le souffle et qu’il est très difficile d’aborder sans spoiler dans cette critique. Un concentré de complots, de personnages légendaires sur fond d’Inquisition. Un must read.

Les plus

  • Abnett n’écrit pas un énième roman sur l’inquisition mais se renouvèle avec une impertinente facilité.
  • Une chronologie et une ligne de temps qui ne va pas vous laisser indifférent, mais je n’en dirai pas plus.
  • Une histoire très riche, entre complots et inquisition.
  • Le livre ne se concentre véritablement pas sur l’action met nous gratifie de scènes toujours aussi impressionnantes.
  • Les rares apparitions de nos inquisiteurs sont une sorte de cerise sur le gâteau.
  • L’utilisation du « je » fait encore des merveilles et l’on a vraiment l’impression que la vie de Bequin a existé.
  • Un culte du Chaos et un méchant toujours pas clairement identifié à la fin du roman, les suppositions vont bon train.

Les moins

  • Lire les 2 trilogies précédentes sera obligatoire pour pouvoir rester dans la course, mais le jeu en vaut la chandelle.
5/5
En tant que premier tome de la trilogie de Bequin, Paria est plus qu’excellent, c’est un monument à couper le souffle. En mettant simplement l’histoire en place, Abnett a déjà fait beaucoup plus que nécessaire. L’attente va être longue avant la sortie de Penitent.