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Critique de Sons of Wrath par Priad

Publié le Samedi 13 juin 2015 | 8 révisions avant publication | 1 correction après publication

 — Chapelain, je ne m’étais pas attendu a vous voir trahir votre parole si facilement. J’aurais pu accepter la mort, mais l’emprisonnement, cette longue attente avant que votre Maitre ne vienne me massacrer, je refuse que ceci soit mon destin. 
 — Attend. Zophal leva sa main alors qu’il voyait Omari tendre sa main pour dégainer son arme. Cesse tes mensonges, après tout ce que tu as enduré.
Omari s’arrêta.
 — Amit assouvit sa soif de sang avec la vie des traitres, dit Zophal. C’est une pratique sauvage, mais nécessaire. Pourtant si il agit de la sorte avec toi, un loyaliste illustré par ses mots comme par ses actions, il sera perdu. C’est une ligne qu’il ne doit jamais franchir. Une tentation à laquelle il doit résister. Zophal le regarda avec une fatigue soudaine dans les yeux.
 — J’ai grand espoir qu’Amit vous libère un jour.
 — Espoir ?
 — L’espoir est tout ce qu’il nous reste.  J’espère pour le salut tout comme tu espères pour ta rédemption. Que ceci soit le début de nos espérances. Aides moi Omari. Aides moi à sauver Amit et son chapitre. L’Empereur et ses fils ont encore besoin de toi.
Omari  hocha la tête et relacha la main de sa lame.
 — Très bien.
 

Sons of Wrath fut annoncé début 2013 et je me souviens avoir commencé à compter les jours dès lors que j’appris que l’excellent Flesh of Cretacia aurait une suite. A l’époque c’était bien le premier roman/novella d’Andy Smillie à avoir vu le jour et cet auteur plutôt discret de la Black Library s’en sortait très bien lorsqu’il fallait nous conter les déboires des Flesh Tearers. J’insiste bien sur ce terme, «déboire», car ces Space Marines seraient capables de s’abandonner à la rage noire s’il fallait faire la queue plus d’une minute pour rentrer dans un «drop pod», et si cet aspect de leur personnalité est intimement lié aux traits de leur Chapître, c’est aussi une tare qui à la longue semble un brin ridicule lorsqu’elle devient sur-utilisé. Tout semble prendre des proportions sans pareilles lorsque les Flesh Tearers sont impliqués et jusqu’à présent c’est bien cette incertitude qui me poussait à lire leurs histoires.

Beaucoup de sang à couler sur leurs épées tronçonneuses et de nombreux autres récits du même auteur ont été édités depuis, comme si ce Chapître ne devait jamais être écrit par quelqu’un d’autre (encore qu’ADB se soit permis une petite nouvelle avec At Gaius Point). Force est de constater que l’auteur a rendu honneur aux Flesh Tearers à de maintes reprises, trop peut-être. Avec ses récits et ses audio drama pelle-mêle, Andy Smillie a écrit beaucoup en peu de temps, offrant du contenu pour les fans comme moi, mais aussi le risque de lasser manque de nouveauté.
Tellement que lorsque ce second roman/novella est sorti, je ne me suis même pas jetais dessus, comme si l’envie m’avait quitté de revoir Amit, déjà entraperçu dans d’autres histoires.

C’est donc avec une certaine objectivité que je démarrais Sons of Wrath, avant de m’apercevoir que l’auteur avait fait les choses différemment dans cette novella. Peut on pour autant parler d’innovation ?

Et bien cela démarre dès le début de ce petit roman où le Chapître est sur le qui-vive afin de recevoir de nouveaux ordres de bataille et se rendre dans un autre système. La première chose qui surprend et ce dès les premières lignes, c’est le manque de contexte. L’auteur nous jette au milieu du Chapître et il nous faut apprendre qui est qui de nos propres moyens, ainsi que dans quelles circonstances nous nous trouvons. Nul besoin de lire entre les lignes néanmoins pour s’apercevoir que le récit prend place peu de temps après la fin de l’Hérésie d’Horus. Autrement dit, nous témoignerons ici d’un climat très attendu comme le Chapître des Flesh Tearers doient encore tout prouver, mais aussi tout apprendre concernant leur malédiction. Les lignes de dialogues sont rares et l’on sent que l’auteur joue davantage sur l’ambiance lourde et pesante, réduisant les échanges de nos héros au minimum.

Ce commencement m’a donné une forte impression comme nous nous apercevons être les spectateurs de quelque chose que peu de gens ont pu voir jusqu’à présent, la (re)construction d’un Chapître après l’Hérésie. Amit, Maitre de Chapître des Flesh Tearers semblera d’ailleurs assez antipathique au début, avant que cette idée ne vienne se confirmer au fur et à mesure du livre. C’est un héros perdu qui a la lourde tâche de guider son Chapître dans une direction inconnue. On touche ici la base, la racine de ce que sont les Flesh Tearers et si vous aimez ce Chapître vous risquez fortement d’apprécier le fluff que l’auteur nous partage. Ce roman est la source de ce qu’est le Chapître des Flesh Tearers et une telle ambition est fort honorable.

Néanmoins il y aura bien peu à se mettre sous la dent en terme d’histoire, les aventures d’Amit restant simplement un background nécessaire à l’évolution, mais aussi à la compréhension de ce personnage. Malgré une présence physique indéniable, notre héros restera assez en retrait et manquera parfois de profondeur. Sa rage et sa violence lui conférant cet aspect menaçant, il n’en sera pas moins assez creux puisque défini comme une bête tout au long du livre. Oubliez l’héroïsme d’un Ultramarine, ici le personnage ne sera pas particulièrement attachant et n’aura nul respect pour les hommes de l’Imperium. Une des scènes de Sons of Wrath démontrera d’ailleurs toute la folie des Flesh Tearers s’attaquant aux Ultramarines dans une débauche de colère, comme si ces derniers n’étaient que des dommages collatéraux.

On finira par s’intéresser beaucoup plus à la survie du Chapître qu’à leur réel combat contre les ennemis de l’Imperium, plutôt en retrait. Andy Smillie a travers son oeuvre nous fait comprendre que l’histoire des Flesh Tearers s’écrit sous nos yeux au fil des pages, mais la frustration de ne pas avoir de vraie continuité dans la trame rendra le rythme parfois brouillon. Nous sommes davantage en face d’une longue nouvelle qu’un petit roman.
L’action sera définitivement au rendez-vous (comme il fallait s’en douter) mais il restera difficile de se plonger dans les enjeux des batailles, les Flesh Tearers étant déjà le ‹big deal’ du livre.

Dressant le portrait du Chapître mais aussi des personnages qui ont vécu l’origine des Flesh Tearers, le roman sera une plongée discrète dans leurs moeurs, alors que ces derniers se cherchent encore après la mort d’Horus et que tout l’Imperium les regarde.

Les plus

  • Un contexte post-hérésie audacieux.
  • Un Amit criant de vérité.
  • Du fluff pour nos Flesh Tearers.
  • Andy Smillie et son style percutant.
  • Une bataille spatiale très vivante et détaillée.
  • Des Ultramarines balayés.
  • Une page des remerciements assez marrante.

Les moins

  • Un commencement très brutale sans introduction.
  • Les ennemis de l'Imperium sont juste la pour la forme et ont un rôle bien secondaire.
  • Un roman assez mal rythmé qui ne m'a pas tenu en haleine quand il le fallait.
  • A part notre héros Amit, les autres personnages sont assez moyens.
  • Une novella sans structure qui s'étend sur certaines scènes et n'en dit pas assez à d'autres.
3/5
Sons of Wrath laissera un gout d'inachevé, comme si l'auteur n'avait développé que le Chapitre des Flesh Tearers au détriment du reste. Une note assez dure il est vrai, au regard de la qualité d'écriture d'Andy et de l'ambiance criante de vérité qui nous est offerte.