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Avis sur Les Fils de Lupercal par Technoprêtre

Publié le Dimanche 3 mai 2015 | 4 révisions avant publication | 6 corrections après publication

Critiquons-nous des créations artistiques ou des produits ? Et que ce passe t-il quand le dernier prend le pas sur le premier ? Car si j’ai lu Les Fils de Lupercal et non pas Vengeful Spirit, c’était par pure flemme. J’avais d’ailleurs bien entamé la lecture chez Priad lors de mon passage en Angleterre pour couvrir le Weekender, mais mes prouesses de lecture rapide n’était pas de taille face au mastodonte en langue de Shakespeare. J’ai donc préféré attendre le résultat du travail du toujours sympathique Julien Drouet et les jours fériés de Mai pour attaquer la première partie avec l’avantage du terrain. 6h plus tard, voici donc un avis à chaud, sans avoir lu La Bataille de Molech.

je fus agréablement surpris de constater que le livre débute par la nouvelle L’Adoratrice Devine, suivie de Luna Mendax. Les lire in-situ permet de mieux les apprécier, et leur longueur d’à peine un chapitre à mes yeux renforce l’intérêt de leur inclusion. Inclusion qui est à mon sens essentielle pour expliquer les événements décrits plus tard, que ce soit l’ascension de Raeven ou la présence de Loken, dont on n’avais plus de nouvelle depuis presque 25 tomes si on s’en tient à ce format (car les audio dédié à Garro expliquent tout apparemment).

Et mon sentiment est que cette première partie sert un peu de récapitulatif des événements mais sans arriver à la cheville d’Imperium Secundus. On retrouve donc Loken, mais aussi Leman Russ après les événements de White Scars ; et du coté des grands méchants Mortarion après ces mêmes péripéties, Fulgrim (même si anecdotique) et surtout Horus Lupercal et son Mournival. Et le titre du roman est bien choisi sur ce point, on est plongé dans les intrigue des anciens Luna Wolves comme des nouveaux Sons of Horus et des remplaçants auprès du Primarque. Mais cela fait donc une brochette de personnages, Space Marines comme humains, qu’on a plus vu depuis une éternité et qui sont re-contextualisés un peu vite à mon gout. Et cette sensation de suivre les développements d’une histoire dont le sel se trouve dans d’autres publications m’a suivi tout du long tant les personnages me semblait inconnus et manquant d’explications.

Loken est le seul a avoir droit à un traitement de choix car on suit de nouveau l’histoire de son point de vue. Mais on sent que le tome nous propose une saga Garro allégée alors que pour le coup certains passages auraient pu rester dans d’autres publications. Je pense surtout au recrutement de la Kill-team qui souffre d’un roman voulant trop en dire et qui fait l’impasse sur la profondeur de ces Chevaliers Errants alors que chacun a surement une histoire. Pire encore, le travail remarquable de confrontation des points de vues dans les romans abordant les Shattered Legions – ou chaque représentants de chapitres étaient mis en avant dans leurs similitudes comme différences, dans leur camaraderie comme dans l’incompréhension – est ici inexistant, malgré la présence de chapitres comme les World Eaters ou même un Emperor’s Children, coté loyaliste ! Espérons que la seconde partie corrige ce tir car cette fraternité forcée est selon moi un des meilleurs tremplins narratifs de ce second souffle de l’Horus Heresy, les Space Marines n’étant pas connus pour leur sentimentalisme et émotions.

Le reste du roman introduit de bonnes intrigues sur Molech, mais ne concrétise pas encore le déroulé, que ce soit dans la famille Devine ou dans les forces en garnison. Et pourtant, avec des Ultramarines, des Blood Angels et des Titans il y a de quoi faire ; sans compter des intrigues païennes et tantriques mieux amenées que dans Fulgrim à mes yeux1. Quand au petit chapitre sur une énigmatique civile en plein chaos, on sait dès les premières minutes vers quoi on s’amène, c’est presque dommage et je préférerais presque me tromper. La reste du roman est donc une bataille spatiale entre les forces Molechiennes et la flotte du Maitre de Guerre. Sans être inintéressante, cette intrigue n’est pas non plus passionnante car sous-exploitée : tout se passe trop vite pour qu’on nous dévoile un élément important d’un personnage à retenir, ou un évènement précis, à part peut-être cette description de la signification du terme Maitre de Guerre qui joint l’épique à l’agréable.

Au final, on sent bien que cette première partie n’est la que pour introduire la suite et la confrontation inévitable entre Loken et Horus, sur fond de Molech en ruine. Et la décision de le couper en 2 tomes français – que je suppose justifiée en terme de production plus que commercialement – est logique mais rend ce tome un peu faiblard. Mais ce n’est pas la coupure en soi qui est en cause, mais la volonté de regrouper plusieurs trames et dans lancer autant sans leur donner de substance qui rend cette première partie molle. Il aurait été à mon sens plus justifié de sortir 2 tomes se faisant suite et introduisant parfaitement les intrigues et personnages en profondeur2 ; qu’un seul gros tome qui doit trop faire avancer son histoire pour tenir dans son enveloppe déjà XXL. Je pressens que La Bataille de Molech compensera dans l’action et le dévoilement de cette intrigue sur la venue de l’Empereur, mais ce ne sera que pas trop tot.

  • 1. Une seule dépravation bien amenée fonctionne mieux que toutes les exactions de commémorateurs qui se la jouent Woodstock dans les cales d’un vaisseau.
  • 2. Ce qui avait été très bien fait avec Un Miller de Fils et Prospero Brûle, dont on nous fait quelques rappels en début de tome.
3/5

Les Fils de Lupercal porte bien son nom et forge son intrigue sur ses personnages plus que ses actions, encore faut-il avoir la place de tous les amener à leur degré de maturité narrative. Un tome qui aurait du pouvoir exister sans sa suite.