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Critique de The Glorious Tomb par Maestitia

Publié le Lundi 27 octobre 2014 | 5 révisions avant publication | 1 correction après publication

The glorious tomb. Nul besoin d’être un philologue pour comprendre qu’il s’agit des vénérables machines dreadnoughts. Machine mais pas uniquement, car c’est bel et bien un Astartes, jadis mémorable héros de Chapitre, qui s’est retrouvé encabaner dans une machine de guerre suite au ravage excessif de son corps de Space Marine. L’un des honneurs les plus prestigieux qui n’est accordé qu’aux légendes.
De plus, nous ne sommes pas en présence de n’importe quel Chapitre, mais celui de Sigismund. Autant vous dire qu’on ne va pas avoir le temps de passer un dernier coup de polish sur les crux.
Pour couroner le tout, c’est Sir Guy Haley qui est à la plume et Toby Longworth à la narration. Rappelons que Guy est l’auteur attitré pour les Black Templars mais aussi les Orks. What else ?

Dans cet audio drama de 42 minutes, nous suivrons le tout premier réveil de frère Adelard enchâssé dans le dreadnought Invictus Potent afin de participer à une bataille majeure sur Armageddon. Le décor est donc planté.

L’ouverture est immersive. Frère Adelard ressuscite ! Et ce c’est loin d’être agréable. Le cerveau fonctionne, mais les sens ont complètement disparus. Pour vivre sa seconde vie, il doit accepter et se lier à l’esprit de la machine qu’est Invictus Potent (puissance invincible, ce sont des légendes). Facile à dire.
La procédure d’initialisation est bien pensée pour de l’audio. Alors que notre templar se réveille d’un très long sommeil, le magos de l’Adeptus Mechanicus entonne les vers sacrés afin d’apaiser la machine et aboutir à la symbiose des deux entités. On entend les sons comme si l’on était emprisonné dans cette grande boîte de métal, rempli d’un liquide gluant et froid. La voix de l’adepte est robotique et offre un contraste vrai.

Beaucoup de scènes sont mémorables dans cet audio drama car on ressent qu’elles ont été écrites pour cela. Je pense notamment à la scène où Adelard prend connaissance du briefing de mission parmi des milliers d’autres Black Templars dans un hangar qui résonne comme une cathédrale médiévale. Ce sont des moines-guerriers, et lorsque les Templars ne font pas couler le sang, ils le passent à prier. Par ses choeurs, l’auteur assure une immersion auditive tout en dévoilant habilement les racines de ces chevaliers.

La descente de la force de frappe Black Templar en drop pods avec le déluge en fond sonore met en place la seconde partie : To war !
Pour des raisons évidentes, les dialogues seront quasi inexistants mais les monologues sont intelligents et proposent diverses pistes de réflexion : la dualité entre le sort de l’Empereur et celui d’un dreadnought, le destin, l’avenir après la mort pour ne citer qu’eux. Mais le thème principal est celui de la perte des sens.
Que peut bien ressentir un petit morceau d’Astartes gigotant dans une gelée nutritive d’une boîte en métal ? Et bien pas grand-chose et c’est sur cette absence totale de ressentis que nous serons captivés.
Impossible de ne pas faire le lien avec Baneblade où l’histoire est centrée sur un équipage de tank super-lourd. Pas évident d’apprécier le climat local de cette façon.

Les scènes d’action sont géniales et lorsque Invictus Potent fait feu de sa gatling les douilles rebondissent au sol avec mélodie et les Orks d’en face en prennent pour leur argent.  Orks qui ne sont pas une simple marée verte cette fois-ci. On apprécie ici l’affinité que Guy porte aux Orks en les décrivant de façon plus approfondis que dans la plupart des boltporn que la Black Library peut nous offrir.
Invictus Potent combattra aux côtés du dreadnought vénérable Qantus Maxime Gloria dont la badassness irradie les champs de bataille. Les sons de bolters seront aussi nombreux que les hurlements d’Orks malgré qu’on ne rechignerait pas pour plus de Waaagh !

Malgré le synopsis spoilant un peu la fin de l’audio, on attend ce moment avec une triste impatience.
Mourir deux fois, c’est comment ? Voici donc la troisième et dernière partie. Pas d’action, pas de musique, pas de bruit.
C’est la première fois que je suis aussi surpris par le dénouement d’une histoire estampillée Warhammer 40 000.
Alors qu’on pensait avoir tout subi, tout affronté, voici que c’est la mort (encore) lente et implacable qui survient. J’ai bien dit lente. Lors de cette descente vers les abîmes, l’auteur va nous faire plonger dans les tréfonds d’Adelard et va nous emmener très loin, trop loin ? C’est à vous d’en juger.
La voix de Toby enfoncera le clou. La force vocale du narrateur diminuera petit à petit et sera conjuguée à un écho persistant qui insufflera un sentiment de solitude déconcertant. Par moments, la voix d’Adelard se fera grelotante, le froid frappant de concert. L’analogie faite par Guy entre l’Empereur et les dreadnoughts renforcera une fois de plus la valeur du fluff car qu’est donc l’Empereur si ce n’est un petit morceau d’être exceptionnel coincé sur un trône, luttant et souffrant à chaque seconde  ?
L’ambiance, les réflexions, tout y est jusqu’au dernier soupir.

J’ai totalement adhéré à cet audio drama qui offre une véritable immersion et ce sur plusieurs plans. Les progrès sonores sont notables et lorsque les auteurs se prêtent au jeu, on obtient de superbes épopées.

Les plus

  • Un récit pensé et écrit pour un audio.
  • Une immersion totale dans un dreadnought.
  • Plusieurs scènes marquantes.
  • Plusieurs réferences au fluff.
  • Une douleur omniprésente.
  • Une dernière partie forte et émouvante.
  • Narration, action, réflexion, émotion : perfection.

Les moins

  • L'accent d'Helbrecht.
5/5
Avec The Glorious Tomb, Guy Haley scelle son pacte avec les Black Templars en nous offrant un audio d'une rare intensité. La qualité sonore est un véritable plongeon qui aboutira à une émotion indéniable de l'auditoire. Praise be !