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Critique de Grey Talon par Priad

Publié le Samedi 9 juillet 2016 | 7 révisions avant publication | 1 correction après publication

Avec les multi-formats de la Black Library il n’est pas toujours facile de s’il y retrouver mais si il y a bien une chose que j’ai apprise, c’est que certaines histoires ne marchent qu’en audio tandis que d’autres ont cette capacité à vous captiver davantage à l’écrit.

Dans le cas de Grey Talon se cache en réalité du réchauffé. Du bon certes, mais du réchauffé tout de même. Apparu pour la première fois en Mai 2015 sous un format de nouvelle dans le recueil intitulé Meduson, cette édition limitée réunissant pas moins de 10 histoires avait pour thème le personnage de Shadrak Meduson, un chef de guerre Iron Hand de renom qui mena plusieurs attaques sur les forces traitre. C’est donc avec un peu de pimp que nous retrouvons ce récit sous un format audio, ajoutant plus de vie et de dynamisme à l’œuvre originale. Mais est-ce que cela fonctionne vraiment ?

Tout d’abord, sachez Grey Talon est le nom d’un vaisseau loyaliste ayant gardé les couleurs de son crew original, les Luna Wolves. C’est donc à bord de ce vaisseau plein d’histoires que nous embarquerons le temps de cet audio drama, suivant les aventures d’un équipage loyaliste qui utilisera les couleurs du navire à son avantage pour tromper les forces d’Horus.
Avec une heure d’écoute, Grey Talon se veut divertissant, mais aussi détaillé. Étant l’élément central de l’histoire, nous apprendrons quelle vie mènent nos héros à son bord, mais Grey Talon est avant tout une histoire de fraternité difficile.

Chris Wraight n’en est pas à son coup d’essai et a déjà à maintes reprises prouvé son talent pour nous conter des histoires à la fois prenantes et fidèles à l’univers de l’Hérésie d’Horus. Grey Talon n’est pas si différent. Avec son pitch d’une grande simplicité, ce qui frappe des les premières minutes d’écoute et le nombre de détails qui fourmillent. Les descriptions précises du vaisseau permettront à l’auditeur d’imager la scène qui se joue sous nos yeux, alors que d’autres séquences moins cruciales au plot apporteront davantage de réel à l’œuvre.

Entre scènes de combat en cage soulignant l’art shogorien et scène de stratégie de navigation autour d’un picfeed nous informant des talents de l’Iron Hand en la matière, l’auteur se fera vraiment un plaisir d’impliquer son audience dans les dilemmes que rencontreront nos héros. La conversation autour du picfeed par exemple, sera digne d’un vrai dialogue de magos, abordant des thèmes et subtilités tels que les dimensions, les algorithmes et l’ésotérisme de l’éther. On deviendra familier du terme Warp wake, signifiant un passage warpesque à usage intensif.

L’auteur semble connaitre la bonne recette pour donner de la profondeur et du sens à la plus simple des idées. Ainsi, même s’il ne s’attardera que peu sur les raisons qui ont poussé les loyalistes à naviguer à bord de ce vaisseau, il ne laissera pas cette question sans réponse. La narration très présente tout du long permettra d’avoir connaissance de certains détails et traits de caractère des personnages, tandis que les dialogues donneront la vie qui aurait pu manquer au récit.

Ainsi, il suffira d’écouter l’introduction de l’audio pour connaitre à la fois son contexte et ses héros. Chris soulignera aussi les difficultés de la situation, des difficultés bien connues des forces loyalistes puisque ces derniers s’interrogeront sur ce qu’il faudra faire et entreprendre. Comme les Space Wolves présents dans la novella The Wolf King, il sera intéressant de toucher du doigt ces même difficultés, car sans guide ni ordre, comment savoir dans quelle direction aller ?

En plus de nous fournir un bref historique du vaisseau (tel que son précédent nom Hesiod), l’auteur soulignera aussi les frictions existant entre les Space Marines à son bord. En effet la coopération entre le capitaine du vaisseau Iron Hands Henricos sera difficile avec les White Scars à son bord, particulièrement lorsque l’on sait que ces derniers ont essayé de venir en aide à Horus, lorsque reconnaitre un frère de l’ennemi était encore une tâche peu aisée. C’est donc avec rancœur que notre héros Iron Hand s’adressera à Hibou Khan, ce White Scar qui sera ici le réel second héros de l’histoire.

L’intégralité de l’audio se construira autour de cette relation difficile car la confiance n’est plus donnée si aisément, particulièrement depuis que la légion des Iron Hands n’est plus qu’un ensemble très disparate de survivants. C’est donc avec pas mal de tension dans l’air que nos deux héros interagiront. Le récit abordera davantage la perspective de Hibou Khan et l’on aura d’ailleurs bien plus d’empathie pour ce dernier. Mais c’est durant une attaque sur un vaisseau ennemi que ce dernier sauvera de peu Henricos l’Iron Hands, démontrant alors sa loyauté envers l’Empereur.

Même s’il peut paraître un brin idiot que ce simple sauvetage fera revoir son jugement à Henricos (car n’oublions pas que les méthodes de l’Apha sont d’un autre niveau), l’auteur réussira tout de même à nous conter cette histoire de fraternité avec un certain succès. Alors que les précédentes séquences nous avaient souligné les doutes des deux légions, la construction de cette coopération s’achèvera lorsque Henricos se portera garant des White Scars à son bord, alors qu’il sera questionné par Shadrak Meduson lui-même sur leur loyauté. Un symbole qui en dira long en ces temps d’Hérésie où il est difficile de reconnaitre un ami d’un ennemi.

Grey Talon penchera plus vers l’audiobook que l’audio drama à cause de son narrateur très présent qui nous contera chaque chose avec attention. Pourtant voir cette relation fraternelle se construire sous nos yeux sera réellement captivant, Chris Waight ajoutant plusieurs éléments justifiant les accords comme les désaccords de nos personnages. Par exemple, les flash back de l’Iron Hand durant son épreuve pour être accepté au sein de la légion illustreront bien sa mentalité actuelle.

Finalement Grey Talon s’écoutera avec plaisir nous contant une histoire certes dispensable mais superbement mise en scène, avec des dialogues juste et qui sonnent vrai. Comme quoi en ces temps d’hérésie il y a toujours d’honnêtes hommes.

Les plus

  • Une introduction qui pose de bonnes bases pour suivre l'histoire et se sentir impliqué.
  • Un récit détaillé qui ne saute aucune étape et se permet même quelques agréables longueurs.
  • L'apparition de Shadrak Meduson.
  • Un récit abordant avec intelligence la perspective de Hibou Khan, un White Scar reconnaissant avoir fait une erreur dans le passé.
  • Une mise en scène efficace.
  • Une musique qui se veut discrète et pourtant ressortira avec panache pendant certaines scènes, soulignant la force des dialogues et leur enjeux.
  • Un épilogue cloturant bien le récit, ajoutant encore plus de détails et profondeur à notre héros.

Les moins

  • Des loyalistes dans un vaisseau portant les couleurs d'Horus, une hérésie ?
  • Une bataille un brin confuse. Davantage encore lorsque cette dernière est entièrement lu par notre narrateur, plutôt que d'avoir nos acteurs qui jouent.
3.5/5
Il m'a fallu du temps pour apprécier Grey Talon à sa juste valeur, son narrateur m'empêchant de bien apprécier l'envergure de l’œuvre. Néanmoins après plusieurs écoutes, cet audio a beaucoup de qualités.