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Critique de Spear of Macragge par Maestitia

Publié le Mercredi 12 mars 2014 | 2 révisions avant publication | 4 corrections après publication

‹Des soucis, frère-sergent?› demanda Chronus.
‹Uniquement le climat.›
‹Alors espérons que vous soyez prêt à vous battre contre ces Nécrons. Votre escadron est en seconde ligne derrière la mienne. Nous nous dirigeons plein nord, vers Damnos Secundus.›
Egnatius regarda dubitativement le serf qui était en train d’affréter les fûts de carburant nécessaires à son escadron, mais garda malgré tout son attention sur Chronus.
‹Le grand nord alors.›
‹En effet. L’ennemi s’est retiré en profondeur et tente de se regrouper. Nous n’allons pas les laisser faire. Chargez un maximum de carburant et soyez prêt à suivre mes consignes.›
Egnatius salua Chronus avant que celui-ci ne le quitte. Fabricus était déjà revenu à son véhicule.
Chronus traversa seul la pleine enneigée où la Rage d’Antonius attendait. Alors qu’il grimpait pour atteindre la trappe arrière dur Predator, il balaya du regard le voile blanc qui s’étendait au-delà du périmètre de Kellenport.

Il semblait presque impénétrable.
Presque.
Se faufilant à l’intérieur, il referma la trappe dans un bruit sourd. D’abord lentement, les chenilles glissèrent et broyèrent la neige jusqu’à ce qu’elles trouvent de l’adhérence.
La compagnie blindée d’Antaro Chronus partit pour la guerre.

Spear of Maccrage est une nouvelle qui fait suite directe à La Chute de Damnos, roman lui aussi écrit par Nick Kyme.
Pour nous remettre  dans le contexte, le monde glacier de Damnos est prit d’assaut par les implaccables Nécrons. Ces derniers étant réveillés après leur long sommeil par une équipe de mineur. Suite à cette découverte, ce sont les Ultramarines de Sicarius qui sont envoyés pour indiguer la menace grandissante.
La bataille fait rage mais les forces Astartes doivent se rendre à l’évidence : les Nécrons sont plus forts, Damnos est perdue.
C’est sur cette pseudo fin que l’auteur entame ce court récit.

C’est dans le strategium que le restant d’officiers d’Ultramar se réunissent afin de décider des prochaines manoeuvres à effectuer. A leur tête, nous retrouvons le Sergent Scipio, l’Archiviste Tigurius, le Frère-Sergent Antaro Chronus aussi surnommé Spear of Maccrage et le Vénérable Dreadnought Agrippen. Mais où est donc passé le Capitaine Cato Sicarius? Pas très loin.
Durant cette réunion, chacun exprime plus ou moins son point de vue quant au sort de Damnos. Chronus décidera de s’imposer durant le briefing afin de prendre l’initiative de frapper une dernière fois les Nécrons avec son escadron de blindés.

Nous voilà donc parti pour un blitzkrieg mené par des tanks.

Je dois avouer que le début de la nouvelle n’est pas très accrocheur, mais ce que j’attendais vraiment de ce récit, c’était une vraie fin ! En effet, dans le tome précédent, l’auteur l’expédiait de façon trop directe et brutale. Ici, j’y voyais une manière de mieux clore l’incident de Damnos et par la même occasion, offrir au lecteur l’occasion de découvrir la personnalité de Chronus, maître des chars, qui n’avait que brièvement été cité auparavant.

La premère confrontation de Chronus contre les Nécrons arrive assez rapidement. La situation idéale pour nous décrire une bataille de chars rangés. Ce passage est vraiment bien retranscrit et on suit avec attention toutes les manoeuvres tactiques et stratégiques que met en place Chronus. Les chars se déploient en phalanges avec perfection selon leur vocation. Les Predators sont en première ligne alors les Whirlwinds couvrent l’arrière de l’escadron et que les Land Raiders protègent ses flancs. 
Il s’en suit des combats narrés avec efficacité et originalité, car rares sont les auteurs qui se sont risqués à nous décrire de tels affrontements, même si John French s’en était bien sorti avec Tallarn : Executioner.

En plus d’une bataille détaillée avec pertinence, il faut noter aussi la ruse de l’ennemi qui permet une fois de plus de faire rebondir le scénario concernant la guerre sur Damnos. Evidemment , ces retournements ne seront pas exceptionnels, mais auront leurs utilités dans l’histoire.

Mais les passages que j’ai le plus savouré se passent avec Falka Kolpeck. C’est bel et bien le même mineur qui à découvert en premier le réveil des Nécrons et qui s’est retrouvé enrôlé comme défenseur impérial avant la venue des Ultramarines.
Peu de chapitre lui sont consacrés, mais ceux-ci sont à chaque fois captivants. Je pense en particulier à cette scène dans l’infirmerie de Kellenport.
Dans ce lieu de fortune, monté à la hâte, règne une ambiance glauque et un parfum de mort impressionnante. A travers les yeux de Falka, nous touchons à la réalité de la guerre et à la faiblesse du commun des mortels face à l’annihilation terrifiante qu’impose les Nécrons. Ce déséquilibre nous permet de voir les deux visages de la guerre sur Damnos.
Son amitié avec le Space Marine Iulus offre au lecteur de bien comprendre les séquelles mentales ainsi que physiques que peut laisser une guerre perdue par l’élite de l’Imperium.
Seuls leurs échanges seront réellement intéressants, le reste des dialogues du récit étant le plus souvent creux ou sans intérêts.

Le baroud d’honneur final de la nouvelle est vraiment dantesque. Les Ultramarines se lâchent dans une ultime défense, une bataille épique comme savent le faire les fils de Guilliman.
Malgré le fait que Tigurius fasse toujours office de rabat-joie grincheux, ses faits homériques sur le champ de bataille forcent le respect. Je n’en dirai pas plus le concernant, mais il se frotte à un Monolithe tout de même !
Je ne vous parlerai pas non plus du Vénérable Agrippen qui joue un rôle décisif dans cette ultime défense de Kellenport et qui transpire l’héroïsme dont seul l’univers de Warhammer 40 000 a le secret.

La guerre sur Damnos est terminée. Ou pas…

Les plus

  • Chronus et ses chars offrent une véritable originalité.
  • Falka nous procure une double vue sur cette guerre.
  • Une vraie fin à l'incident de Damnos.
  • Agrippen.
  • Pas de Sicarius.

Les moins

  • Pas de vue du côté Nécron.
  • Dialogues creux.
3.5/5
Cette nouvelle nous offre enfin l'occasion de clore La Chute de Damnos en nous procurant des scènes riches et marquantes concernant une véritable défaite de l'Adeptus Astartes.