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Critique de Yarrick : The Pyres of Armageddon par Maestitia

Publié le Dimanche 24 janvier 2016 | 10 révisions avant publication | 1 correction après publication

Citoyens de Volcanus, vous êtes des millions et vous êtes armés. Vous êtes plus que des orks. Vous êtes plus grands que les orks. Depuis les places hautes, dans les embuscades, depuis les bas-fonds de la cité, vous avez le pouvoir de transformer chaque avenue en abattoir. Vous contiendrez cette marée.
Par votre nombre, vous devez contenir la marée.
Au nom de l’Empereur, contenez la marée.
J’avais la voix d’un dieu. Mes ordres étaient entendus par chacune des âmes de Volcanus. Pourtant, je me sentais désemparé. Plus bas, les canons des wagons de combats faisaient feu par saccade depuis l’arrière jusqu’à l’avant. Les gens couraient vers les portes. Les flammes et les balles coupèrent leurs retraites. Des bras articulés sortirent du haut du véhicule, percutant les façades et détruisant le sol. Je répétais mon discours, encore et encore. Pendant plusieurs minutes, tout ce que je voyais n’était que carnage et le flot incessant des forces ennemis à l’intérieur de Volcanus.
Puis la contre-attaque du 252ème régiment débuta. Les tirs des canons et les missiles passèrent à travers la brèche dans le mur, martelant le flanc des wagons de combats. Le miracle opéra quelques minutes plus tard. J’entendais les tirs des lasers. Il fallait mobiliser un nombre phénoménal de tirs de laser pour que le son se fasse entendre parmi les explosions des armes orks et les cris des moteurs infernaux des stompas en plein carnage. Les citoyens de la cité rendaient le feu à l’ennemi.
Mon rôle était clair alors. Je restais où je me trouvais, répétant mon appel. J’invoquais le feu spirituel de millions. Je cherchais à inspirer la naïveté du désespoir et la furie des guerres urbaines. Je ne pouvais que deviner le degré de réussite. Au-dessus dans les galeries, les gens auront plus de temps pour se préparer à affronter les orks. Près de ma position, aussi longtemps que je pouvais entendre les tirs lasers, je savais que le combat n’était pas terminé et c’était une victoire.

David Annandale avait réussi son pari avec Le Crédo Impérial en imposant naturellement une préquelle de qualité pour une saga qui s’annonçait épique. Le personnage, ainsi que son rôle au sein de l’Astra Militarum, avait été développé dans cet opus, offrant au lectorat une vision sincère du commissaire au 41ème millénaire tout en reprenant des seconds rôles pertinents comme l’Adepta Sororita Setheno par exemple.

J’attendais ce tome avec impatience, car il représente la clé de voûte de la saga. En effet, Pyres of Armageddon est le tome qui va vous faire découvrir le deuxième conflit le plus mémorable de la planète ruche Armageddon. La première étant les évènements liant Angron, les Space Wolves ainsi que les Chevaliers Gris.

La seconde guerre pour Armageddon opposera les forces impériales de la Légion d’Acier, mais aussi celles de l’Adeptus Titanicus et de bien autres encore contre une invasion ork sans précédent. Le Big Boss Ghazghkull Mag Uruk Thraka attaque la planète avec une Waaagh encore jamais égalée. Vous vous doutez bien que ce qui se cache sous un nom à rallonge comme celui-ci, ne doit pas être n’importe qui. Pour les néophytes, sachez que Ghazghkull et Yarrick sont réputés dans le hobby comme étant des némésis de qualité. D’où mes attentes, car c’est lors de cette guerre dantesque que Sebastian Yarrick deviendra le symbole d’Armageddon ainsi que son sauveur.

David a-t-il su en ériger un authentique mais fidèle symbole ? Définitivement.

Entre Mistral et ce tome-ci, plusieurs années ont passé et plusieurs missions ont déjà été remportées par Yarrick et sa seconde, la colonel Brenken de la Légion d’Acier. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’à ce moment, Yarrick connaît déjà les cités ruches d’Armageddon comme sa poche. Il est chez lui et possède toujours ses deux bras lorsque déferle, déchirant l’immaterium, les peaux vertes en très grand nombre. Armageddon, n’est pas préparée pour cette guerre. Le voile du warp est tempétueux et plus aucun message ne parvient à le traverser : ils sont seuls. Mais ce n’est pas tout, le gouverneur planétaire Herman Von Strab ne semble pas prêt à faire défendre Armageddon comme il le devrait…

Les cent première pages n’attendent pas pour vous plonger dans la cité de Tempestora. C’est ici qu’aura lieu la première bataille décisive qui enclenchera le compte à rebours du commissaire Yarrick dans l’exécution d’une stratégie afin d’infliger un maximum de dégâts à cette incommensurable invasion et pourquoi pas même, remporter la victoire ?

Autant dans Le Credo Impérial j’avais apprécié l’intrigue parmi la noblesse de Mistral, autant dans Pyres of Armageddon, j’ai adoré les affrontements. Les scènes d’action y sont plus fréquentes et se couplent souvent à un discours badass et une réflexion tactique du héros. Parce que oui, Yarrick comprend et parle l’ork. Sebastian Yarrick connaît les peaux vertes mieux que quiconque et comprend rapidement que cette invasion n’est pas orchestrée par n’importe quel Big Boss. Ghazghkull est un prophète parmi les siens. Cette bête gigantesque est dotée d’une malice inconnue chez les orks. Il connaît les hommes et compte bien les anéantir jusqu’au dernier.

Yarrick, bien qu’assisté de ses rares alliés, ira de défaite en défaite, et subira tout au long du roman les outrecuidances et les perfidies du gouverneur Von Strab, alimentant inéluctablement la volonté de Yarrick à désobéir. Voilà l’aspect qui se développera et qui constituera à créer la légende. Apparaîtra aux côtés de ce vil personnage le commissaire Seroff : bien que prévisible dans ses manœuvres, Seroff n’aura quasiment aucun impact dans l’histoire à l’inverse de Setheno par exemple.

Car dans la catégorie, «je reste fidèle au fluff, mais j’y ajoute des éléments qui pèsent», je noterai les interactions de la Chanoinesse dotée du don de clairvoyance. Le personnage est toujours aussi bien intégré et offre de l’originalité tout en servant de métronome au lectorat. Donc même les fans seront surpris par certaines contingences que le sieur Annandale aura pris le soin de glisser tout au long du roman. Par exemple le cris qui tentera de percer la tempête warp afin de prévenir quiconque près du secteur à intervenir, sera un simple, concis mais fort ajout à ce que nous pouvions déjà connaître sur les évènements de la seconde guerre pour Armageddon.

Ce tome, comme je le disais un peu plus haut, forge le symbole dans les flammes de la défaite et la volonté inébranlable du commissaire. Yarrick prendra à bras (cf: Ugulhard) le corps le rôle qui lui incombe et deviendra l’incarnation de la désobéissance punitive. Le commissaire luttera sans cesse sur plusieurs fronts à la fois, exposant son intelligence mais aussi son instinct hors du commun. Durant chaque défense de la part de Yarrick, que se soit à Tempestora ou dans les rues d’Hadès, l’auteur nous offre toujours une narration fluide et immersive. L’échelle de l’invasion nous apparaît comme impressionnante et implacable. Je pense notamment à la Legio Metalica qui présentera un ordre d’idée de l’ampleur des assauts menés par les orks : «comme des rochers contre l’océan».

Pyres of Armageddon vous procurera le savant mélange entre fidélité fluffique et ajouts épiques. Cette seconde guerre pour Armageddon est fantastique dans son ensemble. J’ai vécu chaque siège comme si j’y étais. Avec cet opus David Annandale affirme avec puissance et authenticité le rôle du commissaire Sebastian Yarrick au sein d’un conflit les plus marquants que l’Imperium ait jamais connu.

Les plus

  • Une guerre prodigieuse aux batailles anthologiques.
  • Des retournements de situations fréquents ainsi que des inédits.
  • Le commissaire Yarrick devient le sauveur d'Armageddon.
  • Setheno, Brenken, Lanner, Manheim : des seconds rôles toujours aussi judicieux.
  • L'abondance de discours.
  • Un crescendo abyssal tenant.
  • Une facilité globale à plonger dans le roman.
  • Von Strab dérobe sournoisement la vedette à Ghazghkull.

Les moins

  • On enchaîne les batailles les unes après les autres.
  • La présence du commissaire Seroff inutile.
  • Toujours quelques miettes côté ork.
5/5
Avec Pyres of Armageddon vous assisterez à l'adoubement d'un des personnages les plus emblématique de l'univers de Warhammer 40 000 propulser dans un conflit épique narré avec réalisme et violence. Une légende est née.