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Critique de Yarrick : Le Crédo Impérial par Maestitia

Publié le Samedi 3 mai 2014 | 4 révisions avant publication | 5 corrections après publication

Un goût afflua dans ma bouche lorsque j’aperçus les traîtres. Il était acide et amer à vous en faire grimacer. C’était le goût de la haine. Je ressentis un flux d’énergie généré par le besoin de mettre à genoux les ennemis de l’Empereur-Dieu. Cela me donna le souffle nécessaire pour scander durant ma course.
 — Troisième compagnie ! criais-je en propulsant le zèle de mes paroles à travers le fracas des moteurs au prométhéum et le crépitement sourd des flammes. Là-bas se tiennent les hérétiques dans toutes leurs arrogances ! Allons-nous les laisser faire ?
 — Non ! crièrent les femmes et les hommes de la troisième. La riche extravagance des tenues des hérétiques faisait contraste avec le kaki terne des Mortisians, mais cet uniforme basique était trompeur. Le simple fait d’avoir survécu aux cités d’Aighe Mortis était une victoire. D’avoir laissé toute cette pauvreté, cette saleté et cette corruption afin de se battre à travers la galaxie par la discipline, était un honneur incomparable. Les Mortisians assimilaient toute fierté vestimentaire à de la vanité et au mépris. À ce moment-là, ils avaient parfaitement raison.
 — Laisserez-vous un seul d’entre eux respirer une seconde de plus ? demandais-je.
 — Non !
 — Alors chassons-les de ce territoire ! Chassons-les de cette existence ! Chassons-les de la mémoire des hommes !

Le commissaire Sebastian Yarrick est un personnage légendaire connu dans tout l’Imperium. Cet homme (car il ne reste qu’un homme) est respecté par les plus valeureux chapitres Astartes et craint par les redoutables Orks. C’est une figure emblématique de l’univers Warhammer 40 000, plus particulièrement des guerres pour Armageddon, et fait partie de mon panthéon de héros que j’affectionne depuis toujours. David Annandale a pris le pari de nous en dire plus sur son passé. Voyons voir s’il a réussi à convaincre un fan.

Yarrick : Impérial Creed est un roman qui nous plonge dans la toute première affectation de Yarrick en tant que Commissaire Impérial. C’est sous les ordres du Seigneur-Commissaire Rasp qu’il sera envoyé avec un autre commissaire, Seroff, afin d’endiguer la présence d’hérétiques sur un monde tout ce qu’il y a de plus classique dénommé Mistral. Mais rien n’est jamais aussi simple… Le «jeune» Yarrick devra, en plus de porter les responsabilités de son nouveau grade, faire son baptême en politique. En effet, Mistral est aux mains de Barons plus suspects les uns que les autres et notre cher Sebastian devra se plier à la hiérarchie tout en évitant les manipulations.

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce roman et je vais tenter de vous faire partager au mieux mon ressenti, mais d’ores et déjà je peux vous confirmer que cet ouvrage est très bon et se lit vraiment bien.

David nous offre du Yarrick, certes, mais pas que. Les premiers chapitres sont dédiés au rôle du Commissaire Impérial ainsi que les responsabilités qui lui incombent. Ce n’est certainement pas Gaunt qui me contredira car le Commissaire est le grade le plus ingrat et le plus emblématique de l’Astra Militarum. Avec notre Yarrick fraîchement promu, nous allons pouvoir être témoins de son apprentissage en tant que tel. C’est un point très appréciable car son rôle ne se résume pas à insuffler la peur parmi ses ennemis ainsi que parmi ses troupes. Non, c’est bel et bien un pilier de volonté et de foi indestructible qu’il doit représenter.

Au-delà de cette présentation, l’aspect tactique sera très ancré dans les choix du Commissaire. Pour ceux qui aiment cela, les passages tactiques ainsi que stratégiques seront vraiment agréables à lire et à analyser. A plusieurs reprises, nous suivrons ses choix mais aussi ses doutes et ses questions quant à son véritable rôle. Des crédos tel que Observe and learn (Observe et apprends) ou encore Be a symbol (Deviens un symbole) sont des mantras qui reviendront tout au long du récit, mettant l’accent sur l’importance du Commissaire parmi ses hommes.

Concernant ses hommes d’ailleurs, quelques personnages d’arrière-plan auront une implication conséquente dans l’histoire. On reste loin de la géniale pléthore des Fantômes de Gaunt mais on notera la présence du personnage de Setheno, Sœur Supérieure de The Order of the Piercing Thorn (L’Ordre des Épines Perçantes ) qui sera bien ancrée dans les péripéties de Mistral. Pour ceux qui ont déjà dévoré La Mort d’Antagonis, sachez qu’avec Imperial Creed, vous apprendrez comment Setheno est devenu cette Sœur si particulière qui impose le respect et génère la crainte parmi les Space Marines. Ce petit crossover et l’approfondissement de ce personnage est vraiment très agréable. On aimerait voir plus souvent cette d’initiative de la part des auteurs. Les différents protagonistes seront bien exploités malgré le fait que certains ne sortiront pas de leur rôle et que leur point de vue sera vite et facilement interprété par le lecteur à une ou deux exceptions prêt.

A propos des points de vue, Yarrick : Imperial Creed possède la singularité d’avoir ses chapitres scindés en sous-parties. En effet, lorsque nous suivrons le regard de Yarrick, le nom du personnage apparaîtra en haut sous la forme d’un sous-titre. De plus nous le suivrons toujours avec l’emploi de la première personne du singulier, renforçant l’immersion. En revanche, lorsque nous suivrons le Seigneur-Commissaire Rasp, Sœur Setheno ou un quelconque personnage, le texte sera cette fois-ci écrit à la troisième personne. Ce mode d’écriture m’a plu dès mes premières minutes de lecture ! Il a l’avantage de mettre considérablement le personnage principal en valeur sans pour autant rendre le «Je» persistant et lourd grâce aux autres points de vue de personnages qui se croiseront durant l’histoire. Ce procédé avait déjà été utilisé par l’auteur avec Yarrick : Chains of Golgotha, mais sur un roman de 400 pages, l’effet est encore plus saisissant.

Bien que ce roman soit une préquelle et que le chemin vers les batailles d’Armagedon reste encore très loin (pas trop loin je l’espère), l’auteur nous place dans un scénario d’investigation assez classique sans pour autant être ennuyeux. Le jeu diplomatique entre les Barons, les Commissaires, l’Ecliésarchie et les hérétiques restera intéressant tout du long mais souffrira de quelques longueurs pardonnables. L’enquête reste le fil narratif majeur de la première partie du roman.

L’action ne se fera sentir qu’après les 200 premières pages et elle prendra différentes formes pour le plus grand plaisir du lecteur. Évidemment, les scènes où le Commissaire haranguera ses hommes seront les plus fréquentes mais d’autres sortiront du lot. Je pense au chapitre concernant l’incendie que j’ai particulièrement apprécié et à la mission du train avec un Yarrick en mode 007. Outre une histoire qui alterne entre enquête et action, on notera l’évolution exponentielle des forces que l’Imperium devra affronter. On commence avec des cultistes avant de finir avec du lourd, du très lourd. Mais pourquoi pas, c’est Yarrick qu’il y a en face après tout.

En conclusion, je dirai que l’auteur a réussi à écrire sur ce Commissaire légendaire en lui donnant cette volonté de fer mais aussi le génie militaire qui le caractérise. J’attends avec impatience la seconde guerre pour Armageddon…

Les plus

  • Les premiers pas de Yarrick en tant que Commissaire.
  • Le "Je" immersif.
  • De l'action et de la reflexion dans un même ouvrage.
  • Des scènes épiques et marquantes.
  • Des personnages secondaires vivants.
  • L'approfondissement du background de Setheno.
  • La fidélité notable du fluff du Commissaire par l'auteur.

Les moins

  • Une investigation qui souffre de quelques longueurs.
  • Pas de réelles batailles avant la moitié du roman.
  • Des explosions clichées récurrentes.
  • La simplicité ridicule de la seconde carte.
4/5
Yarrick : Le Crédo Impérial est une véritable prequelle qui pose les bases d'un Commissaire Yarrick mirifique avec un talent et une ingéniosité qui plaira aussi bien aux vétérans qu'aux néophytes. Un roman qui s'impose de façon naturelle et évidente.