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Critique de Marée Noire par Drystan

Publié le Vendredi 6 juin 2014 | 16 révisions avant publication | 2 corrections après publication

«Qu’arrive-t-il à ceux qui fuient leur humanité» ? Mephiston se fendit d’un rictus. «C’est peut-être la question que je poserai à Fabius Bile quand nous l’aurons capturé.» La réponse de Dante fut froide comme l’acier. «Il n’y aura pas capture. Malgré les souhaits de l’Ordo Hereticus, il n’y aura ni procès, ni emprisonnement, ni jugement, ni condamnation publique. Fabius mourra là où il relèvera sa maudite tête». Il tourna les talons et quitta le balcon pour la chambre, se maudissant de laisser son humeur sombre prendre le dessus.

Sans surprise, Marée Noire de James Swallow s’inscrit comme la suite directe du tome qui le précède, Furie Rouge. Ce qui nous amène donc au roman numéro quatre de ce que l’on pourra appeler la geste de Frère Rafen tant le personnage est omniprésent dans les deux derniers tomes.

Furie Rouge m’avait fortement déçu, en partie car l’auteur nous y proposait une pléthore de personnages clinquants comme Dante, Mephiston, Seth ou Corbulo. Tant de pointures dans le même roman ne sont pas sans rappeler le casting de The Expendables, version 40k. Seulement, il ne suffit pas d’additionner des personnages dotés d’un charisme et d’une présence forte pour faire un bon roman, Furie Rouge en était la preuve et c’est pour cette raison que mes expectatives sur Marée Noire étaient hautes. Autant dire que j’attendais au tournant une réaction de la part de «l’expert» en matière de Blood Angels.

Premier point positif, pas de scénario farfelu et une prise de liberté avec le sacro-saint fluff largement moindre que pour le tome précédent. Sans surprise Rafen tiendra le roman sur ses épaules, la majorité du scénario reposant sur ses actes. Le problème d’utiliser à outrance le personnage-clé est qu’il peut finir par lasser, et ce fut le cas pour moi. Les personnages secondaires semblent tous présents uniquement pour mieux faire briller Rafen. Cela s’avère par moments décevant tant certains autres auraient mérité d’être plus finement exploités.

Le scénario se voit simplifié, comparé à ce à quoi l’auteur nous avait habitués. Les événements prennent, comme expliqué plus haut, la suite directe des tomes antérieurs. Les Blood Angel sont toujours très affaibli par le schisme provoqué dans leurs rangs par la rébellion d’Arkio. La IXème Légion ainsi que ses chapitres successeurs se remettent maintenant à peine du coup de massue assené par Fabius Bile dans Furie Rouge.

Seulement, pas le temps de souffler pour eux. Effectivement, comme indiqué sur la quatrième de couverture, l’ex apothicaire des Emperor’s Children est parvenu à s’enfuir de Baal, ceci, après s’être procuré un échantillon du sang de Sanguinius lui même.

Le roman s’ouvre par un passage rapide dans la peau d’un Tau ayant subi les douces attentions du très ingénieux Fabius. L’intérêt de cette introduction est double, d’une elle nous fait vivre d’entrée depuis la psyché d’un xenos toute l’horreur dont peut être capable l’apothicaire dément. De deux, ce passage flirte dangereusement avec le genre de l’horreur. D’autres s’y sont risqué avec des résultats pas toujours probants, n’est ce pas Anthony Reynolds et son Apôtre Noir ? L’ambiance pesante de l’introduction donne un excellent avant-goût au lecteur sur ce qui l’attendra.

C’est dans ce contexte, que l’on imagine perturbant pour les fils de l’Ange, que nous retrouvons le Frère Sergent Rafen accompagné de son escouade à l’occasion de leur rencontre avec le Tau. Nous apprenons alors qu’après de nombreuses fausses pistes, l’escouade accompagnée de Ceris, l’un des apprentis de Mephiston est enfin parvenue à trouver une piste menant à Fabius. Celui-ci étant bien entendu très loin à l’arrivée des Blood Angels. La suite du roman se résumera à la chasse de l’archi-traître Fabius.

Cette traque se transformera au fil du roman en une véritable quête tant nos héros devront surmonter un nombre toujours croissant d’obstacles. Afin de mener à bien cette mission, Rafen et ses camarades seront épaulés par le Sergent Vétéran Noxx et son escouade, déjà rencontrés dans Furie Rouge. Issus du chapitre des Flesh Tearers chers à Andy Smillie et Priad ces personnages n’auront pas l’impact que l’on pourrait attendre de la part d’un chapitre si particulier. Nous pouvons tout de même sentir qu’il y a eu concertation avec A. Smillie sur la façon d’écrire sur les membres de ce chapitre si taciturnes et prompts à l’animosité.

Concernant les adversaires se dressant entre Rafen et sa juste vengeance, ils seront divers, et dans l’ensemble cohérents et originaux. A propos de Fabius Bile, sachez que vous n’êtes pas au bout de vos surprises, l’ensemble du passage se déroulant dans son repaire est un plaisir à lire. Vous rentrerez en plein dans un lieu où la folie et le désespoir sont maîtres l’ambiance ressentie étant de mon point de vue très immersive avec des descriptions et sensations précises.

Enfin, la traque de Bile peut sembler longue mais permet au lecteur de voyager, et de ne pas se cantonner à un seul lieu, comme c’était le cas dans Le Septième Châtiment où nous restons sur la même planète.

Certes, Marée Noire ne figurera pas parmi les meilleurs romans de l’univers 40k, mais c’est un énorme pas en avant au regard du précédent tome de la série, l’auteur affirme un peu plus son style sans tomber dans le besoin de se différencier à tout prix.

Les plus

  • L'ambiance jouxtant avec l'horreur dans plusieurs passages du roman.
  • Un adversaire de taille en la personne de Fabius Bile.
  • De l'originalité dans le choix des adversaires.
  • La présence de personnages très connus mais utilisés avec parcimonie.
  • Un style fluide avec une bonne accélération en fin de roman.

Les moins

  • Difficile de s'attacher au personnage de Rafen parfois insupportable.
  • Des Flesh Tearers trop peu utilisés.
  • Des personnages secondaires trop cantonnés à l'arrière plan.
  • De nombreuses coquilles qui ralentissent la lecture.
3.5/5
Marée Noire se lit comme une suite logique et plus structurée de Furie Rouge, l'auteur s'éloigne de plus en plus du diptyque pour insuffler un nouvel élan aux aventures de Rafen et ma foi c'est plutôt réussi. De là à en faire un très bon roman, il y a encore une marche à monter pour l'auteur.