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Critique de La Voie de l'Archon par Maestitia

Publié le Dimanche 27 juillet 2014 | 6 révisions avant publication | 4 corrections après publication

Ils étaient soulagés, Yllithian réalisa. Soulagés qu’il soit vivant, désormais ils pourraient continuer à le suivre à travers cette terrible crise de la Disjonction plutôt que de penser à eux-mêmes. Yllithian avait toujours travaillé plus dur afin d’être craint plutôt que d’être aimé par ses disciples et pourtant, il semblait que la terreur extérieure était suffisante pour qu’ils l’aiment de toute façon. Il sourit gentiment et leva une main pour reconnaître cette approbation inattendue.

En regardant les guerriers se pressaient, Yllithian se rendit également compte qu’il avait eu tort. Il avait suffisamment de leadership et de force pour unifier les kabals contre Vect. Il n’avait pas pris en considération la véritable profondeur de la peur et du désespoir que la Disjonction avait apportées à Commorragh. Tout ce qu’il avait à faire était de l’exploiter de manière aussi approfondie comme il pouvait exploiter n’importe quelle autre ressource.
Il serra son poing en le levant et les acclamations de ses partisans rugirent plus fort encore.

Nous voici enfin face au dernier chapitre de la saga des Eldars Noirs. Petit rappel des faits pour celles et ceux qui se seraient égarés dans les ruelles tonitruantes de la cité noire.

La citadelle  de Commorragh se remet lentement de la Disjonction et des dégâts que les démons du warp ont pu causer. C’est le moment où Vect va devoir affronter l’anarchie qui s’est répandue à travers toute la ville. En effet, la Disjonction a permis à certaines Kabals de choisir leur camp, ainsi que vers qui leur loyauté va se ranger ; que ce soit vers elle-même, vers Asdrubael Vect ou encore Yllithian.

Ce dernier, quant à lui, se retrouve forcé à se réfugier dans les murs de la forteresse de sa propre Kabal, La Flamme Blanche (The White Flame) pour lécher ses blessures afin de repartir de plus belle s’attaquer à Vect, le Seigneur Suprême. Autant dire que la tension sera omniprésente du début jusqu’à la fin du récit. Ce tome vous plongera d’entrée de jeu dans le vif du sujet et je dois admettre qu’un Dramatis Personae n’aurait pas été de trop. Si vous confondez Kheradruakh avec Xhakoruakh ou Azoruak il va falloir prendre des notes !

Le roman sera divisé en deux intrigues : la première suivant Yllithian, l’Archon rebelle, et la seconde suivant Bellathonis, le Tourmenteur prit dans un feu croisé redoutable. Autant l’alternance entre les différents protagonistes dans La Voie de l’Incube  était fréquente, voire difficile à suivre,  autant dans ce tome-ci on ne perdra pas nos repères. Certes, il faudra un petit temps d’adaptation pour se remettre en place les personnages, mais c’est bien la seule chose que j’ai à reprocher à cette saga : son nombre important de protagonistes.

Bellathonis trouvera refuge au royaume des ombres d’Aelindrach, car après que la Disjonction ait frappé, notre Tourmenteur indépendant se retrouve être l’ennemi numéro un. Pour ce faire, il prendra une autre apparence et sera accompagné par son fidèle Xagor. Ils marcheront droit dans Aelindrach, royaume qui ne cesse de s’agrandir depuis la fin du cataclysme. Mais pourquoi se cacher dans un pareil endroit ? Un lieu où les ténèbres sont reines et où les Mandragores èrent, chassent et vivent ?

La réponse se trouve dans la nouvelle Bellathonis and the Shadow King. En effet, pour ceux qui ont eu l’occasion de lire les différentes nouvelles de la saga qu’Andy Chambers a pu rédiger, vous aurez le plaisir de déceler bien des clins d’oeils. Le manque de ces références ne nuit en rien la lecture, mais leur connaissance renforcera d’autant plus la profondeur et la richesse que l’auteur a à nous offrir. Sans entrer dans les détails, sachez que dans ce roman il y aura trois liens. Le premier avec la nouvelle citée plus haut, un second avec Midnight on the Street of Knives et un dernier avec l’excellent The Masque of Vyle. C’est un aspect notable très positif que l’on aimerait retrouver plus souvent dans les sagas.

Concernant le style, Andy Chambers reste fidèle à sa plume et nous offre des détails sans aucune avarice. Que se soit Aelindrach comme pour Correspur, les lieux sont tous décris avec beaucoup d’attention et permettent au lecteur de mieux plonger dans cet univers particulier. Je pense surtout à la coterie de la Black Descent en particulier, car on a beau l’avoir déjà délectée, on ne se privera pas d’y replonger une nouvelle fois, le point culminant du roman se situant dans ce sordide lieu en plus de cela.

Les scènes d’action ne sont pas en reste non plus ! Les combats entre Eldars sont toujours extrêmement véloces et sanglants, leur agilité leur permettant les plus inhumaines acrobaties? Elles aideront d’autant plus le spectateur que nous sommes à imaginer ces affrontements aériens. Le duel entre Motley l’Arlequin et Lady Malys en est un parfait exemple. Il est rare de voir un auteur aussi équilibré en terme de narration, de dialogue ainsi que d’immersion.

On notera la présence de nouveaux personnages/entités qui réussiront à piquer notre curiosité (ou pas du tout). Bien que je ne puisse pas tout vous révéler, la présence des Castigators offrira aux amateurs du jeu de plateau une bonne occasion de se mettre à la conversion, contrairement au doppelgänger de Vect qui n’aura pas tellement d’impact, dommage.

Un duo plutôt mélodramatique verra aussi le jour et apportera son lot de dialogues absurdes. Comme Morr et Motley dans l’opus précédent, Kharbyr et Angevere seront contraints de s’unir pour le meilleur mais surtout pour le pire. L’un est un vile pirate frustré, l’autre une tête dépourvue de corps aux dons psychiques conséquents. L’auteur récidive avec un duo moins sérieux mais tout aussi intéressant, car si vous n’avez pas fait vos classes chez les Eldars, Angevere fournira un historique de la race et ce, en quelques lignes bien pensées.

Asdrubael Vect restera insondable jusqu’au bout et usera d’absolument tous les moyens en son pouvoir afin d’éliminer jusqu’au dernier sournois qui a osé contester sa suprématie. J’ai personnellement beaucoup apprécié le fait qu’il reste aussi inacessible. Ce type de personnage est fait pour être et rester mystérieux tout au long de son existence. Ce fût jouissif de voir que rien dans la narration ne le dénaturait. De plus, le thème du chaos est plus présent dans ce dernier tome. Bien qu’il ne soit pas le nerf principal, on ne peut s’empêcher d’imaginer une possible suite après avoir tourné la dernière page.

Si vous avez apprécié la singularité des Eldars Noirs grâce à la plume de Chambers, ce dernier tome vous procurera un très agréable moment de lecture. Toutes les intrigues se réuniront sans que vous ayez eu la possibilité d’en deviner la finalité. Une réussite.

Les plus

  • Dernier chapitre de la Saga, dernière bataille.
  • Un style toujours aussi riche en vocabulaire.
  • Des liens avec tous les ouvrages de la Saga.
  • Le royaume des ombres : Aelindrach.
  • Les Castigators !
  • Asdrubael Vect.
  • Un final enflammé.

Les moins

  • Un doppelgänger sous exploité.
  • Un usage modeste de l'Arlequin.
5/5
Avec ce dernier tome Andy Chambers clôt la saga des Eldars Noirs en un brillant affrontement entre le rebelle Yllithian et le puissant Vect, dans une Commorragh agonisante. Tout est au rendez-vous : les personnages, les intrigues, les secrets, les mensonges, les trahisons et par-dessus tout, leur soif de pouvoir inassouvie.