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Critique de Ahriman : L'Exilé par Maestitia

Publié le Lundi 22 avril 2013 | 5 corrections après publication

Je ne les lierai pas à moi, pensa-t-il. Il s’agissait de mes frères, autrefois, et ils ne seront jamais mes esclaves.
+Restez ici, + ordonna-t-il mentalement. Il se dirigea vers les portes de bronze. Le serviteur qui portait la lumière le suivit d’un pas traînant. Une fois au niveau de la porte, il leva la main comme pour leur dire adieu. Des flammes jaillirent des cadavres et se propagèrent rapidement jusqu’à ce que la pièce ne soit qu’un immense brasier. Les deux Effacés ne bougèrent pas malgré la peinture de leur armure qui se couvrait déjà de cloques. Ahriman franchit les épaisses portes de métal et posa une main sur chacune d’entre elles, prêt à les refermer sur la pièce en feu. Il lança un dernier regard au deux armures qui prirent bientôt l’allure de statues noircies parmi les fammes déchainnées.
+Faites de beaux rêves, mes frères,+ dit-il en refermant les portes. Les deux Effacés le regardèrent agir sans bouger, l’endroit devint une véritable fournaise.

Ahriman : L’Exilé est en premier lieu sorti en ebook, puis en version papier. Il semblerait que nous soyons en face d’une trilogie, comme celle des Night Lords de A.D.B. ou encore celle concernant le Mechanicum de McNeill.
Ici, point de déception cela a pu être le cas avec Macharius dans L’Ange de Feu,. Ahriman n’étant pas simplement sur la première de couverture mais bien au cœur même du roman, le plus grand sorcier de tous les temps a donc enfin droit à son livre, que dis-je, son petit chef d’œuvre. En effet, car en plus de lire et de respirer Ahriman tout le long du roman, John French va littéralement sublimer ce personnage si singulier.

Première point important à propos du livre, sa place dans la chronologie de Warhammer 40 000. Il semblerait donc, après plusieurs relectures, que l’exile d’Ahzek se serait passé aux alentours du 32K, soit approximativement à la même période que La Bataille du Croc, juste après qu’Horus fût terrassé par l’Empereur. Nous pouvons donc d’ores et déjà nous amuser à considérer ce roman comme la suite (indirect) d’Un Millier de Fils et de La Bataille du Croc. Pourquoi s’amuser? Car on nous narre enfin une période clée de la tragédie qu’est celle des Thousand Sons et en amoureux de fluff, on plonge avec avidité.

L’intrigue de départ est la suivante : banni pas Magnus le Rouge pour avoir créé (sans mauvaises intentions, fait reccurrent avec les Thousand Sons…) les Rubriques et les maudissant ainsi les derniers Astartes de sa Légion, Ahriman se retrouve alors à errer dans l’espace, tentant d’échapper à toutes destinés.

J’étais méfiant quant à la plume de French, car McNeill avait su magnifier notre cher Ahriman il y a quelques années dans le tome essentiel de l’Hérésie d’Horus. Et bien ce doute était injustifié !
French fait désormais parti du Top 3 de mes auteurs préférés de la Black Library. Après Crimson Fist, ce roman-ci est un véritable hymne à Ahriman ainsi qu’au rôle que l’on a pu attribuer à son terrible mais fascinant destin.
Les scènes d’action sont d’une telle précision qu’elles vous immergeront dans l’instant et les monologues d’Ahriman sur sa condition et sur son déshonneur sont d’autant plus délectables.
Laissant de côté son passé et ses pouvoirs, notre sorcier tentera de passer incognito à bord d’un vaisseau commandé par The Harrowing (Les Harceleurs) un clan vénérant le dieu du Chaos Khorne. Malheureusement, sa destiné si particulière le rattrapera, l’obligeant à faire des choix, celui de suivre un chemin tracé à sa place, ou d’avoir le courage de changer le sien ainsi que celui de sa Légion.

Le récit est assez court mais recèle nombre de perles fluffiques. D’anciens personnages originalement créés par McNeill referont surface lors de l’exile d’Ahriman, donnant une nouvelle profondeur aux Thousand Sons. Au-delà du style plutôt bien rythmé et facile à lire, et ce même en VO, on fera tout de même quelques remarques sur sa difficulté à nous emmener d’un lieu à l’autre sans trop nous brusquer.
On se retrouvera parfois ici et parfois là, sans réellement parvenir à comprendre pourquoi et comment. Des transitions bien trop sèches qui nuit parfois le courant des évènements.

Hormis ce soucis lors de ma lecture, j’ai été stupéfait par le déroulement du réapprentissage d’Ahzek quant à ses pleins pouvoirs. Ajoutez à cela une forte personnalité qui se démène contre le destin lui-même telle une épée de Damoclès au-dessus menaçant de tomber sur sa tête et vous obtiendrez un cocktail explosif et savoureux que je recommande à tout amateur de Tzeentch.
Après la lecture de ce roman on fini par être d’avantage partisan d’Ahriman que de son Primarque, c’est vous dire quelle impression ce roman m’a fait. J’ai d’ailleurs adoré les différentes phases de confrontation sur lui-même à propos de ce fardeau qu’il ne semble pas mériter.

Les plus

  • Ahriman a enfin droit à sa trilogie ! On l’attendait.
  • French nous raconte habilement son exile et le combat qu’il mène contre son destin avec un très bon scenario.
  • Style fluide et rythmé.
  • La mise en scène excellente, on est dedans du début à la fin !
  • Des clins d’œil à McNeill et pas mal de fluff.
  • Ce roman frôle la philosophie.

Les moins

  • Des transitons mal gérées.
4.5/5
Rares sont les romans que je note de cette façon, mais French a réussi un pari fou : arriver à la cheville de McNeill, tout en ajoutant de la profondeur à ce personnage mythique au travers d’un scenario captivant d’un bout à l’autre. Votre destinée est de le lire.
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